
Une personne a été tuée samedi aux Comores lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants opposés à la hausse des prix des carburants, dans un contexte de paralysie partielle de l’archipel depuis plusieurs jours.
Selon le parquet de Mutsamudu, situé sur l’île d’Anjouan, "un événement tragique" survenu dans la zone de Mpage a également fait cinq blessés.
D’après une source judiciaire citée sous anonymat, un jeune homme a été tué lors d’une intervention des forces de sécurité visant à dégager une route bloquée par des manifestants.
Selon cette même source, des jeunes auraient tenté de désarmer des gendarmes au cours de l’opération, provoquant une situation de forte tension.
Plusieurs blessés auraient été atteints par balle, tandis que les autorités attendaient encore les conclusions médicales officielles concernant les causes exactes du décès.
Une mobilisation contre l’augmentation du prix des carburants
Le mouvement de contestation est mené par le principal syndicat des transporteurs routiers, rejoint par des organisations de commerçants et de pêcheurs.
Depuis six jours, une grève perturbe fortement les activités économiques et les déplacements dans plusieurs régions de l’archipel.
Les autorités comoriennes justifient ces augmentations par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques internationaux.
Le gouvernement a proposé un abattement douanier de 40 % sur certains produits de première nécessité, mais les syndicats grévistes réclament l’annulation complète de la hausse des prix du carburant.
Des tensions persistantes malgré les négociations
Plusieurs réunions de médiation ont déjà eu lieu entre les autorités et les représentants des grévistes sous l’égide de Nour El Fath Azali, fils du président Azali Assoumani, sans parvenir à un accord.
À Mitsamihuli, dans le nord de la Grande-Comore, des manifestants ont affirmé vouloir poursuivre la mobilisation jusqu’à une baisse des prix des carburants.
La Commission nationale des droits de l’homme a par ailleurs indiqué que 39 personnes avaient été placées en détention vendredi dans le cadre des troubles liés à cette contestation sociale.






