
La police israélienne a poursuivi mardi une vaste opération de démolition de constructions palestiniennes dans la localité de Kafr Aqab, au nord de Jérusalem-Est occupée.
Dans un communiqué, elle a indiqué que cette campagne, lancée lundi sous le nom de code "Bouclier de la capitale", vise à renforcer ce qu’elle qualifie de "souveraineté dans la zone de couture" et à améliorer le sentiment de sécurité dans l’espace public.
Kafr Aqab est administrativement rattachée à Jérusalem-Est occupée selon les autorités israéliennes, et la majorité de ses habitants détiennent des cartes d’identité israéliennes. Toutefois, la ville est isolée physiquement du reste de Jérusalem-Est par le mur de séparation et le checkpoint militaire de Qalandiya.
Dans le cadre de l’opération, les forces israéliennes ont ouvert une section du mur de séparation à l’aide d’engins de génie afin de faciliter l’entrée de renforts et de véhicules militaires dans les zones avoisinantes. La police affirme que les bâtiments visés ont été érigés sans autorisation.
Aucune date de fin n’a été annoncée, les autorités précisant que l’opération devrait se poursuivre dans les prochains jours. D’autres démolitions sont prévues, y compris celles de "dizaines de bâtiments", que la police présente comme représentant une "menace sécuritaire".
De son côté, le gouvernorat de Jérusalem a rapporté que des forces israéliennes ont investi des immeubles résidentiels, expulsé de force certains habitants et déployé un important dispositif militaire, incluant soldats et tireurs embusqués sur les balcons et les toits.
Selon les autorités palestiniennes, des gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes, balles réelles et balles en caoutchouc ont été utilisés durant l’opération.
Les démolitions ont notamment concerné des structures situées le long de la route de l’Aéroport, sous prétexte d’absence de permis de construire.
L’intervention s’est déroulée aux heures de pointe, alors que des enfants et des étudiants se rendaient à l’école, provoquant une forte tension et une paralysie de la circulation en raison du déploiement massif de véhicules militaires et de la fermeture de routes principales et secondaires.
Les zones situées au nord de Jérusalem-Est occupée, en particulier autour du camp de réfugiés de Qalandiya, sont régulièrement le théâtre d’incursions israéliennes marquées par des raids et des blocages routiers, perturbant lourdement la vie quotidienne des Palestiniens, notamment des travailleurs et des élèves.
Jérusalem-Est est encerclée par un mur de béton et de barbelés, en grande partie construit sur des terres de Cisjordanie occupée. Haut de plus de huit mètres et long d’environ 202 kilomètres, selon l’ONG israélienne B’Tselem, ce mur est présenté par Israël comme une mesure de sécurité. Les Palestiniens et les Nations unies y voient, eux, un instrument d’annexion territoriale.
En 2004, la Cour internationale de Justice de La Haye a rendu un avis consultatif déclarant ce mur illégal, car édifié sur un territoire palestinien occupé.
Depuis le début de la guerre israélienne contre Gaza le 8 octobre 2023, les Palestiniens dénoncent une intensification des violences en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, impliquant forces israéliennes et colons, avec plus de 1 000 morts, des centaines de blessés, des démolitions de maisons, des déplacements forcés et une expansion accrue des colonies.
Selon les Palestiniens, ces pratiques visent à préparer une annexion formelle de la Cisjordanie occupée, ce qui compromettrait définitivement la solution à deux États prévue par les résolutions de l’ONU.









