Fake news contre la rapporteuse de l'ONU Francesca Albanese

La rédaction
17:5925/02/2026, Çarşamba
Yeni Şafak

La rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese est au centre d’une polémique en France après la diffusion d’une phrase qu’elle n’a jamais prononcée. Malgré les démentis, le ministre Jean-Noël Barrot demande sa démission. L’association de juristes JURDI a saisi le parquet de Paris pour diffusion de fausse nouvelle, dénonçant une manipulation des propos de la rapporteuse. L’affaire relance le débat sur les pressions politiques visant les experts des Nations unies.

Accuser le messager pour faire oublier le message ? C’est ce dont est victime depuis plusieurs jours Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés.


La juriste italienne est visée par une polémique politique et médiatique fondée sur une phrase qu’elle n’a jamais prononcée. Une information relayée notamment par la députée française
Caroline Yadan
affirme qu’elle aurait déclaré qu’
"Israël est l’ennemi commun de l’humanité".

Or la vérification de son intervention publique du 7 février montre qu’elle n’a jamais prononcé cette phrase dans ces termes ni dans ce sens. Ses propos ont été tronqués et sortis de leur contexte avant d’être largement diffusés sur les réseaux sociaux puis repris dans le débat politique.


Malgré ces démentis, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a publiquement demandé sa démission, évoquant des propos
"outranciers"
voire
"antisémites".

L’affaire a pris une tournure judiciaire après la réaction de l’association de juristes JURDI, Juristes pour le Respect du Droit International, qui a saisi le parquet de Paris pour
"diffusion de fausse nouvelle"
. Selon l’organisation, la demande de démission du ministre repose sur une phrase que la rapporteuse de l’ONU n’a jamais prononcée.

JURDI affirme que cette information, apparue initialement sur les réseaux sociaux, a ensuite été relayée par plusieurs responsables politiques, notamment des députés Renaissance. Une polémique politique devenue affaire judiciaire.


Pendant ce temps, le Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu
, visé par un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale, peut traverser l’espace aérien français sans être inquiété.

Une rapporteuse régulièrement attaquée


Francesca Albanese
exerce depuis plusieurs années le mandat de rapporteuse spéciale des Nations unies chargé de documenter la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

Depuis le début de la guerre à Gaza, elle a dénoncé des violations graves du droit international, contesté l’existence d’un véritable cessez-le-feu et alerté à plusieurs reprises sur l’insuffisance de l’aide humanitaire.


Ses positions lui ont valu des critiques régulières de la part de responsables politiques et d’organisations favorables à Israël, ainsi que des campagnes de discrédit sur les réseaux sociaux.


Elle a également fait l’objet de sanctions américaines, mesure dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits humains.


Une polémique qui dépasse une personne


Des organisations comme
Amnesty International
ont dénoncé les pressions visant la rapporteuse de l’ONU, estimant qu’elles constituent une atteinte à l’indépendance des experts internationaux.

Le mandat des rapporteurs spéciaux consiste à rapporter les faits sur le terrain et à produire des analyses indépendantes sur les situations de droits humains.


Pour ses soutiens, la polémique actuelle illustre une stratégie visant à discréditer une experte des Nations unies dont les conclusions dérangent.


En attaquant la messagère, c’est donc le message que certains tentent de faire oublier.


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