Israël ordonne le départ de Médecins sans frontières (MSF) de Gaza d’ici au 28 février

La rédaction avec
10:072/02/2026, lundi
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Un médecin palestinien vérifie une perfusion au centre de dialyse de l'hôpital Al-Aqsa Martyrs, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 1er février 2026.
Crédit Photo : EYAD BABA / AFP
Un médecin palestinien vérifie une perfusion au centre de dialyse de l'hôpital Al-Aqsa Martyrs, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 1er février 2026.

Israël a annoncé la cessation des activités de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza à compter du 28 février. L’annonce a été faite dimanche 1er février par le ministère israélien de la Diaspora, chargé de l’enregistrement des organisations humanitaires. L’ONG devra ainsi quitter l’enclave palestinienne, confrontée depuis des mois à une crise humanitaire d’une ampleur exceptionnelle.

Les autorités israéliennes reprochent à MSF de ne pas avoir transmis la liste de ses employés palestiniens, une obligation que le ministère affirme imposer à l’ensemble des organisations humanitaires opérant dans la région. En décembre, Israël avait déjà menacé d’interdire les activités de 37 ONG n’ayant pas satisfait à cette exigence à partir du 1er mars.

Selon le ministère, MSF s’était engagé début janvier à fournir ces informations avant de revenir sur sa décision.

"Malgré son engagement public, l’organisation s’est abstenue de transmettre les données requises"
, ont déclaré les autorités, accusant l’ONG de se soustraire à la procédure d’enregistrement obligatoire.

Israël affirme par ailleurs que deux employés de MSF auraient des liens avec le Hamas, des accusations fermement rejetées par l’organisation humanitaire.

Dans un communiqué publié vendredi, Médecins sans frontières a indiqué avoir accepté, à titre exceptionnel, de communiquer une liste partielle de son personnel palestinien et international, sous réserve d’obtenir des garanties claires concernant leur sécurité. L’ONG affirme toutefois que ces garanties ne lui ont jamais été fournies.
"Malgré des démarches répétées, il est apparu ces derniers jours qu’aucun dialogue constructif avec les autorités israéliennes n’était possible pour obtenir les assurances nécessaires"
, a déclaré MSF, justifiant ainsi sa décision de ne pas transmettre la liste complète de ses employés.

L’organisation souligne que la divulgation de ces informations pourrait exposer son personnel à de graves dangers dans un contexte de conflit armé.

Cette décision suscite de vives inquiétudes quant à l’accès à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, où les besoins médicaux demeurent immenses. MSF y joue un rôle essentiel dans la prise en charge des blessés et l’assistance aux populations civiles touchées par les combats.

La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée le 7 octobre 2023, continue par ailleurs d’avoir des répercussions politiques et judiciaires majeures à l’échelle internationale.

En janvier 2024, la Cour internationale de Justice, saisie par l’Afrique du Sud, a estimé qu’il existait un risque plausible de génocide à Gaza, enjoignant Israël à prévenir de tels actes et à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire.

En novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le premier ministre Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment pour des attaques visant des civils et l’utilisation de la famine comme moyen de guerre.

Selon les Nations unies, les bombardements israéliens et la famine ont causé la mort de plus de 70 000 personnes dans la bande de Gaza, dont une majorité de femmes et d’enfants.

Malgré un cessez-le-feu conclu en octobre 2025, plusieurs organisations internationales dénoncent des violations répétées de l’accord par l’armée israélienne ainsi qu’une détérioration continue de la situation humanitaire. Ces éléments alimentent les critiques croissantes contre le maintien de relations économiques normales entre l’Union européenne et Israël.

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