
Israël a annoncé la cessation des activités de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza à compter du 28 février. L’annonce a été faite dimanche 1er février par le ministère israélien de la Diaspora, chargé de l’enregistrement des organisations humanitaires. L’ONG devra ainsi quitter l’enclave palestinienne, confrontée depuis des mois à une crise humanitaire d’une ampleur exceptionnelle.
Les autorités israéliennes reprochent à MSF de ne pas avoir transmis la liste de ses employés palestiniens, une obligation que le ministère affirme imposer à l’ensemble des organisations humanitaires opérant dans la région. En décembre, Israël avait déjà menacé d’interdire les activités de 37 ONG n’ayant pas satisfait à cette exigence à partir du 1er mars.
Selon le ministère, MSF s’était engagé début janvier à fournir ces informations avant de revenir sur sa décision.
Israël affirme par ailleurs que deux employés de MSF auraient des liens avec le Hamas, des accusations fermement rejetées par l’organisation humanitaire.
L’organisation souligne que la divulgation de ces informations pourrait exposer son personnel à de graves dangers dans un contexte de conflit armé.
Cette décision suscite de vives inquiétudes quant à l’accès à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, où les besoins médicaux demeurent immenses. MSF y joue un rôle essentiel dans la prise en charge des blessés et l’assistance aux populations civiles touchées par les combats.
La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée le 7 octobre 2023, continue par ailleurs d’avoir des répercussions politiques et judiciaires majeures à l’échelle internationale.
En janvier 2024, la Cour internationale de Justice, saisie par l’Afrique du Sud, a estimé qu’il existait un risque plausible de génocide à Gaza, enjoignant Israël à prévenir de tels actes et à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire.
En novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le premier ministre Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment pour des attaques visant des civils et l’utilisation de la famine comme moyen de guerre.
Selon les Nations unies, les bombardements israéliens et la famine ont causé la mort de plus de 70 000 personnes dans la bande de Gaza, dont une majorité de femmes et d’enfants.
Malgré un cessez-le-feu conclu en octobre 2025, plusieurs organisations internationales dénoncent des violations répétées de l’accord par l’armée israélienne ainsi qu’une détérioration continue de la situation humanitaire. Ces éléments alimentent les critiques croissantes contre le maintien de relations économiques normales entre l’Union européenne et Israël.









