
L’Union européenne (UE) et ses États membres accélèrent leurs travaux visant à instaurer des restrictions sur l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants et les adolescents, en raison du temps passé de manière incontrôlée sur internet.
Ainsi, après l’annonce du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez selon laquelle l’Espagne envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, les initiatives et les débats autour de cette question ont été relancés à l’échelle européenne.
En effet, le temps passé dans l’univers numérique ne cesse d’augmenter au sein de la société. Parallèlement, les plateformes en ligne deviennent de plus en plus le théâtre de manipulations de l’opinion, de désinformation, de discours de haine et de fraudes liées à l’exploitation illégale de données personnelles.
De plus, les enfants, considérés comme le groupe le plus vulnérable parmi les utilisateurs des réseaux sociaux, sont particulièrement exposés à des phénomènes tels que le cyberharcèlement et la diffusion de contenus inappropriés.
Face à ces risques, de nombreux pays et organisations internationales à travers le monde mettent en place des cadres juridiques visant les entreprises de réseaux sociaux afin de mieux protéger les mineurs. Dans certains États, des régulations existent déjà dans ce domaine.
Le Parlement européen appelle à fixer l’âge minimum à 16 ans
Les députés du Parlement européen ont adopté un rapport appelant à instaurer une limite d’âge de 16 ans pour l’accès des enfants aux réseaux sociaux dans l’ensemble de l’Union européenne.
Ce rapport, qui constitue une recommandation adressée aux autres institutions de l’UE, suggère également que les enfants âgés de 13 à 16 ans puissent accéder aux plateformes numériques uniquement avec l’autorisation de leurs parents.
Le texte souligne par ailleurs la nécessité pour la Commission européenne de développer un système de vérification de l’âge applicable dans toute l’Union et insiste sur l’importance de concevoir des plateformes numériques sûres et adaptées à l’âge des utilisateurs.
Situation dans les pays de l’Union européenne
Dans plusieurs pays de l’UE, l’accès des enfants aux réseaux sociaux est déjà conditionné à l’autorisation parentale. Dans de nombreux autres États, des travaux sont en cours afin d’introduire des limites d’âge pour l’utilisation de ces plateformes.
Dans le cadre de ce plan, qui accorde une importance particulière à la sécurité en ligne, il sera confirmé que des lois sont en préparation afin de restreindre l’utilisation des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans.
La Pologne interdira, à partir du 1er septembre, l’utilisation des téléphones portables dans les écoles pour les élèves de moins de 16 ans. Selon la chaîne publique polonaise TVP World, la ministre de l’Éducation Barbara Nowacka a déclaré à la presse que son pays rejoignait les États qui prennent des mesures pour limiter le temps passé devant les écrans et l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants.
La ministre a indiqué que les travaux sur une importante réforme législative, jugée cruciale pour les écoles, étaient désormais finalisés. Cette réglementation, qui concerne les élèves de moins de 16 ans, entraînera l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires à partir du 1er septembre.
En Grèce, une application appelée « Kids Wallet », qui restreint l’utilisation des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans tout en intégrant des outils de contrôle parental, est en vigueur depuis novembre 2025. Le ministère grec de la Gouvernance numérique poursuit également d’autres préparatifs en vue d’une interdiction complète pour les moins de 15 ans.
Au Danemark, le gouvernement est parvenu le 7 novembre 2025 à un accord visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 13 ans, tandis que les jeunes âgés de 13 à 15 ans pourraient accéder à certaines plateformes avec l’autorisation parentale. Le projet doit encore être examiné par le Parlement.
En Italie, la création d’un compte sur les réseaux sociaux pour les moins de 14 ans est également soumise à l’autorisation parentale. Des discussions politiques sont par ailleurs en cours afin d’introduire des règles plus strictes pour la protection des enfants.
L’Autriche envisage, quant à elle, d’interdire l’ouverture de comptes sur les réseaux sociaux aux enfants de moins de 14 ans.
En Belgique, une loi interdisant l’utilisation des téléphones portables et d’autres appareils électroniques dans les écoles primaires et secondaires est déjà en vigueur. Parallèlement, des discussions politiques se poursuivent pour introduire des restrictions d’âge concernant l’usage des réseaux sociaux.
L’Espagne prévoit également d’introduire une limite d’âge fixée à 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux. Très critique à l’égard des plateformes numériques, le Premier ministre Pedro Sánchez a récemment déclaré que les réseaux sociaux étaient devenus une sorte de "Far West", assimilable à un État défaillant.
Sánchez a également indiqué que plusieurs mesures seraient envisagées contre les plateformes, notamment l’ouverture de poursuites pénales en cas de refus de retirer certains contenus, la sanction des manipulations algorithmiques et la coopération avec les procureurs afin d’enquêter sur les crimes commis sur les réseaux sociaux, en particulier ceux qui affectent les enfants.
Réactions aux propos de Sánchez
Après l’annonce de Pedro Sánchez concernant l’instauration d’une limite d’âge de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux, l’homme d’affaires américain Elon Musk, propriétaire de X et de SpaceX, ainsi que Pavel Durov, cofondateur de l’application Telegram et entrepreneur technologique russe, ont vivement critiqué cette initiative.
Pedro Sánchez a réagi à ces critiques en déclarant :
Que les techno-oligarques aboient. C’est le signe que nous avançons sur la bonne voie.











