
Le gouvernement israélien a adopté des mesures facilitant la confiscation de terres palestiniennes en Cisjordanie, notamment à Hébron, rompant avec le statu quo de 1967 et fragilisant les accords d’Oslo.
Le cabinet israélien a ouvert la voie à la confiscation de terres palestiniennes et à l'annexion de la région à l'administration israélienne, via une série de décisions concernant la Cisjordanie occupée. Dans ce cadre, des mesures ont été adoptées visant notamment à établir une municipalité parallèle relevant de l'occupation dans la ville palestinienne historique d'Hébron, ainsi qu'à faciliter les procédures d'acquisition et d'enregistrement de propriétés par les colons juifs.
Le gouvernement israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au sein duquel des figures de l’extrême droite occupent des rôles clés, a adopté le 8 février une série de décisions qui modifieront le statu quo en Cisjordanie en faveur des colons juifs et au détriment des Palestiniens.
Il est rapporté qu’Israël, en intensifiant ses démarches d’annexion, a également approuvé des dispositions facilitant l’achat par des Juifs de terres palestiniennes confisquées en Cisjordanie occupée.
Hébron (al-Halil): La ville "dans la tenaille de l'occupation", abritant la mosquée Ibrahimi
Située au sud de la Cisjordanie occupée, Hébron est connue comme une ville palestinienne historique. En 1994, le colon juif fanatique Baruch Goldstein y a perpétré un massacre en lançant un assaut à l'arme automatique dans la mosquée Ibrahimi pendant la prière de l'aube. De nombreux Palestiniens ont perdu la vie sous les tirs de l'armée israélienne lors des événements qui ont éclaté dans la région à la suite de cette attaque.
Selon cet accord, la sécurité et l'administration de la zone H1 ont été confiées à l'Autorité palestinienne, tandis que la sécurité de la zone H2 a été laissée sous la responsabilité de l'armée israélienne, bien qu'environ 500 colons et plus de 30 000 Palestiniens y résident.
La Vieille Ville d'Hébron, où se trouve la mosquée Ibrahimi, est aujourd'hui considérée comme l'un des exemples les plus impitoyables et glaçants de l'occupation israélienne.
Dans la ville, les Palestiniens sont contraints de franchir fréquemment des points de contrôle et d'emprunter des ruelles détournées pour se rendre chez eux, à leur travail ou pour envoyer leurs enfants à l'école.
Dans la zone H2 sous contrôle de l'armée israélienne, certaines rues sont interdites à la circulation piétonne des Palestiniens. La grande majorité des commerçants de la Vieille Ville ont, quant à eux, baissé le rideau.
À la suite du massacre d'Hébron, Israël a imposé une division spatio-temporelle de la mosquée Ibrahimi; aujourd'hui, une partie de la mosquée est utilisée comme synagogue.
Les Palestiniens ne peuvent accéder à ce sanctuaire sacré qu'en passant par des points de contrôle israéliens. Lors des fêtes religieuses juives, l'accès est interdit aux musulmans, c'est-à-dire aux Palestiniens.
Durant ces périodes, les colons juifs utilisent également la partie du sanctuaire servant de lieu de prière musulman (masjid) pour des festivités incluant danses et musique.
Conformément à la décision prise par Israël, des préparatifs sont en cours pour retirer la gestion du site à l'Administration des dotations islamiques (Waqf), responsable de la mosquée Ibrahimi, afin de rattacher la mosquée à la municipalité d'occupation sous contrôle israélien.
Israël avait placé en détention le maire d'Hébron, Tayseer Abu Sneineh, en septembre 2025. C'est actuellement l'adjointe au maire et maire par intérim, Asma Sharabati, qui assure la gestion de la ville.
"Israël aura, de fait, annexé ces régions"
Israël vise à abolir le statu quo en vigueur depuis 1967
L'avocat Tawfik Jahshan, expert en droit international au sein du Comité de réhabilitation rattaché à la municipalité d'Hébron (al-Halil), a indiqué que l'administration d'extrême droite, qui prône l'annexion de la Cisjordanie à Israël, vise par ses dernières décisions à abolir le statu quo en vigueur dans la région depuis 1967.
Voici la traduction de ce dernier volet, réalisée avec la même exigence de fidélité et de précision terminologique. Ce segment est crucial car il détaille les mécanismes juridiques (prétextes archéologiques et environnementaux) utilisés pour contourner les Accords d'Oslo.
"Cela anéantit le rêve d’un État palestinien"
Issam Amru, militant palestinien originaire d’Hébron (al-Halil), a déclaré que les décisions prises par le gouvernement israélien entraîneraient la démolition des maisons palestiniennes en Cisjordanie, la dépossession de leurs habitants, la construction de davantage de colonies juives sur les zones confisquées, et faciliteraient le vol des biens palestiniens dans la zone H2 d'Hébron, où cohabitent Palestiniens et colons juifs.
Israël restreint les pouvoirs de l’Autorité palestinienne dans les zones "A" et "B"
Avec cette décision, Israël se donne la possibilité d’approfondir son occupation et de procéder à des démolitions non seulement dans la zone C (dont il a la charge administrative et militaire), mais dans la totalité de la Cisjordanie.
Dans ce cadre, les structures appartenant à des Palestiniens pourront être démolies sous prétexte qu’elles nuisent à l’environnement ou aux ressources hydriques, ou être confisquées au motif qu’elles présentent une valeur archéologique.










