Le gouvernement syrien "n’a aucun conflit" avec la communauté kurde, mais avec les FDS: ministère de l’Intérieur

La rédaction avec
13:2122/01/2026, jeudi
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Des membres des forces de sécurité du gouvernement syrien montent la garde près de la prison d'Al-Aqtan, dans la banlieue nord-est de la ville syrienne de Raqqa, le 22 janvier 2026.
Crédit Photo : BAKR ALKASEM / AFP
Des membres des forces de sécurité du gouvernement syrien montent la garde près de la prison d'Al-Aqtan, dans la banlieue nord-est de la ville syrienne de Raqqa, le 22 janvier 2026.

Le gouvernement syrien "n’a aucun conflit" avec la communauté kurde du pays, mais uniquement avec le groupe FDS, a déclaré jeudi un porte-parole du ministère de l’Intérieur.

"Nous n’avons aucun problème avec la composante kurde, ni avec aucune autre composante"
, a affirmé Noureddine al-Baba lors d’une interview diffusée sur la chaîne saoudienne Al-Hadath.
"Notre problème est politique et concerne ce que l’on appelle les Forces démocratiques syriennes (FDS)."

Les FDS sont dominées par le groupe terroriste YPG, branche syrienne du PKK. Al-Baba a précisé que Damas avait envoyé des "messages positifs" à la communauté kurde du nord-est de la Syrie depuis le début de sa campagne militaire, estimant que les Kurdes avaient été victimes de "propagande mensongère" orchestrée par les FDS.

Le porte-parole a également indiqué que le gouvernement syrien maintenait des canaux de communication avec les tribus arabes de la région et cherchait des solutions pacifiques pour éviter de nouveaux "bains de sang".

Il a souligné que l’accord du 10 mars avec les FDS avait été un tournant, largement salué par les Syriens, et avait donné lieu à des célébrations dans certaines régions du nord-est du pays. Ces célébrations, selon lui, ont ensuite été réprimées par des tirs, des arrestations arbitraires et de l’intimidation par les FDS, y compris l’arrestation de personnes ayant brandi le drapeau syrien.

Les FDS n’avaient pas respecté l’accord du 10 mars 2025 avec Damas pour leur intégration dans les institutions de l’État, qui réaffirmait l’unité territoriale du pays et rejetait toute tentative de division.

Al-Baba a ajouté que le gouvernement syrien poursuivait les négociations sous garanties internationales et régionales, incluant des efforts menés par les États-Unis et l’Arabie saoudite, accusant les FDS de ne pas répondre et d’avoir intensifié leurs attaques. Il a cité des tirs de snipers sur des civils à Alep et des bombardements de quartiers résidentiels et commerciaux par les FDS comme justification des opérations militaires "limitées" menées contre le groupe dans les quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh.

"Ces opérations étaient nécessaires pour protéger les civils"
, a-t-il précisé, ajoutant qu’elles avaient été rapides et causé des dégâts minimes, grâce à la coopération des habitants.
Al-Baba a souligné que Damas distinguait la direction des FDS de ses membres ordinaires, beaucoup ayant rejoint le groupe sous la contrainte ou par nécessité économique. Le gouvernement syrien "accueille" les déserteurs qui
"n’ont pas participé à des crimes"
, a-t-il insisté:
"Tous ceux dont les mains ne sont pas couvertes de sang sont les bienvenus. Ils ont choisi le pays et l’État syrien."

Il a indiqué que le gouvernement prévoyait de mettre en place des mesures de réconciliation pour les anciens membres des FDS, dont l’expérience pourrait être utilisée au sein des institutions étatiques.

Le porte-parole a enfin rappelé que le rôle du ministère de l’Intérieur, après les avancées militaires, consistait à sécuriser les biens publics et privés, protéger les infrastructures vitales et rétablir la sécurité pour permettre aux civils de rentrer chez eux.

Cette interview fait suite à l’annonce mardi par la présidence syrienne d’un "accord de principe" avec les FDS sur l’avenir de la province de Hassaké. Le ministère de la Défense avait également annoncé un cessez-le-feu de quatre jours, mais les FDS ont lancé une série d’attaques dès le premier jour de la trêve, tuant 11 soldats et en blessant 25 autres.


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