TotalEnergies met fin à son plafonnement des prix à la pompe, une forte hausse attendue pour les automobilistes français

La rédaction avec
10:207/04/2026, mardi
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Cette photographie prise le 3 avril 2026 montre le panneau indiquant les prix du jour pour le SP95 (E10), le SP98, l'E85 et le diesel, tous ces carburants étant signalés comme étant en rupture de stock dans une station-service TotalEnergies à Toulouse, dans le sud-ouest de la France.
Crédit Photo : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Cette photographie prise le 3 avril 2026 montre le panneau indiquant les prix du jour pour le SP95 (E10), le SP98, l'E85 et le diesel, tous ces carburants étant signalés comme étant en rupture de stock dans une station-service TotalEnergies à Toulouse, dans le sud-ouest de la France.

Le groupe TotalEnergies met fin ce mardi 7 avril au plafonnement des prix du carburant dans ses 3 300 stations-service du territoire métropolitain français, une mesure qui avait été mise en place le 12 mars pour protéger les consommateurs face à la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient.

Depuis le 12 mars, TotalEnergies avait bloqué ses prix à 1,99 euro le litre d'essence et à 2,09 euros le litre de diesel. Le groupe avait prolongé ce dispositif jusqu'au 7 avril afin de protéger ses clients pendant le week-end de Pâques, selon le communiqué.

Des prix bien en dessous du marché

Le plafonnement avait créé un écart significatif avec les prix pratiqués ailleurs. Dans les stations de la grande distribution, habituellement moins chères, le gazole se négociait autour de 2,25 euros le litre en fin de semaine dernière, contre 2,09 euros chez TotalEnergies.

Le prix moyen du litre de gazole avait atteint 2,1888 euros la semaine dernière, un niveau record depuis 1985.

Cet écart avait provoqué des files d'attente dans les stations TotalEnergies, les automobilistes se ruant vers le groupe pétrolier pour faire le plein avant la fin du dispositif.

Une politique de transparence revendiquée

Dans son communiqué du 31 mars, TotalEnergies avait justifié la prolongation du dispositif par
"la forte remontée des cours du diesel, un carburant dont la France est largement importatrice"
, tout en rappelant sa politique
"de répercuter sans délai toute fluctuation à la baisse, comme à la hausse, des cours internationaux"
.
Le groupe a également maintenu un plafonnement à 1,99 euro le litre, tous carburants confondus, pour ses clients ayant souscrit un contrat d'électricité et/ou de gaz dans le cadre de
"l'avantage carburant"
, et ce pour toute l'année 2026.

Rappel

La fin du plafonnement intervient dans un contexte de tensions sur l'approvisionnement en carburant. Des pénuries liées au conflit au Moyen-Orient ont temporairement mis certaines stations-service françaises hors service. Le 2 avril, une station TotalEnergies à Montreuil était ainsi à l'arrêt en raison de perturbations d'approvisionnement liées à l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.

Selon un sondage Elabe, 87% des Français se disent préoccupés par le conflit au Moyen-Orient, dont 44%
"très inquiets"
— en hausse par rapport au 18 mars, où 81% exprimaient leur inquiétude et 32% étaient
"très inquiets"
. Seuls 12% se déclarent non concernés.
L'opinion publique française reste divisée sur la guerre américano-israélienne contre l'Iran : 57% la perçoivent négativement, 25% y voient
"une bonne chose"
et 18% n'ont pas d'opinion. Une large majorité de 82% des Français estiment que le conflit augmente le risque d'attaques en France.

La flambée des prix des carburants s'inscrit dans un contexte de perturbations majeures sur les marchés pétroliers mondiaux. Téhéran maintient un contrôle effectif sur le détroit d'Ormuz, n'autorisant le passage qu'aux navires de pays qu'il considère comme
"amis"
.

Ce détroit, par lequel transitent normalement environ 20 millions de barils de pétrole par jour, est effectivement perturbé depuis début mars à la suite des mesures iraniennes prises en représailles à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février.

Le détroit d'Ormuz, situé à l'entrée du Golfe Persique, relie les exportations de pétrole et de GNL du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d'Arabie et l'océan Indien.

Les grands producteurs, dont l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, l'Irak et le Qatar, dépendent largement de ce passage. Les marchés européens et les grandes économies asiatiques telles que la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud en dépendent pour leurs importations énergétiques.

Les analystes avertissent que la hausse des prix de l'énergie pourrait alimenter l'inflation et compliquer davantage les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui est restée prudente face aux hausses de prix découlant des droits de douane.


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