Cannes : le réalisateur palestinien Alshareef privé de visa

La rédaction avec
12:1813/05/2026, mercredi
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Le réalisateur devait présenter son documentaire Super Sila le 17 mai prochain lors du Festival de Cannes, une projection désormais compromise par l'absence de document de voyage.
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Le réalisateur devait présenter son documentaire Super Sila le 17 mai prochain lors du Festival de Cannes, une projection désormais compromise par l'absence de document de voyage.

Le réalisateur palestinien Mohammed Alshareef, résidant dans la bande de Gaza, n'a toujours pas obtenu le visa nécessaire pour présenter son documentaire Super Sila au Festival de Cannes le 17 mai, alors qu'il est éligible au programme Pause du Collège de France, selon Le Canard enchaîné.

Blocage administratif malgré l'éligibilité

Selon Le Canard enchaîné, le cinéaste palestinien Mohammed Alshareef, âgé de 36 ans et résidant dans la bande de Gaza, fait face à un refus opposé par les autorités françaises concernant sa demande de visa.

Le réalisateur devait présenter son documentaire Super Sila le 17 mai prochain lors du Festival de Cannes, une projection désormais compromise par l'absence de document de voyage.

Éligible au programme Pause du Collège de France, qui assure l'accueil d'artistes étrangers en danger avec un financement étatique couvrant 60 % des besoins sur une année renouvelable, il se trouve pourtant privé de tout moyen de quitter le territoire gazan.

Justifications officielles et comparaisons européennes

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué que cette situation résultait de l'absence de conditions d'évacuation sécurisées et de l'impossibilité actuelle de quitter la bande de Gaza, selon la même source.

Toutefois, cette explication intervient alors que d'autres pays européens, notamment l'Espagne et l'Italie, ont facilité ces dernières semaines l'évacuation d'artistes et de chercheurs palestiniens vers leur territoire.

Par ailleurs, une pétition signée par des personnalités du cinéma, dont l'ancien délégué général du festival Gilles Jacob ainsi que les réalisateurs Mathieu Kassovitz et Costa-Gavras, n'a pas permis de faire évoluer la position française.

Dénonciations politiques et institutionnelles

Sur le réseau social X, la eurodéputée Rima Hassan a dénoncé une politique systématique d'entrave aux voix palestiniennes, rappelant que la France avait également interdit l'accès au directeur de l'ONG Al-Haq, Shawan Jabarin, contraint de saisir la justice administrative.

De son côté, le député européen écologiste Mounir Satouri, président de la commission des Droits humains, a affirmé sur la même plateforme que les demandes de visa des ressortissants palestiniens faisaient l'objet d'un blocage systématique de la part du ministère de l'Intérieur.

En outre, Hervé Rony et Anja Unger, respectivement directeur général et présidente de la Scam, ont adressé le 27 avril un courrier aux ministres concernés pour réclamer un déblocage immédiat, sans avoir obtenu de réponse à ce jour.

Le projet Super Sila et le programme Pause

Le documentaire Super Sila, réalisé par Mohammed Alshareef, s'intéresse à la création de récits imaginaires destinés à protéger l'enfance dans un contexte de guerre et de siège.

L'École nationale supérieure Louis-Lumière a confirmé son accord pour accueillir le cinéaste dans le cadre du programme Pause, mais cette garantie institutionnelle reste vaine sans l'obtention du visa consulaire.

Pour rappel, ce dispositif mis en place par le Collège de France vise à offrir un refuge et un accompagnement académique aux artistes et chercheurs menacés dans leur pays d'origine, avec un soutien financier public sur douze mois éventuellement renouvelables.


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