Crédit Photo : OSCAR DEL POZO / AFP
Des membres des médias entourent l'ancien président de la Fédération espagnole de football, Luis Rubiales, alors qu'il quitte le tribunal de San Fernando de Henares, à l'est de Madrid, le 14 février 2025.
La procureure espagnole a fait appel du jugement condamnant Luis Rubiales à une amende pour agression sexuelle sur Jenni Hermoso et réclame un nouveau procès, dénonçant la partialité du juge.
La procureure Marta Durántez Gil a fait appel jeudi du jugement condamnant l'ex-patron du football espagnol Luis Rubiales à une amende pour le baiser imposé à la joueuse Jenni Hermoso.
Dans son recours, la magistrate demande que
"le procès soit déclaré nul"
et réclame une nouvelle audience
"avec un autre magistrat qui ne semble pas, au minimum, marqué par la partialité".
Elle avait requis en première instance deux ans et demi de prison contre Luis Rubiales pour agression sexuelle et pour les pressions exercées sur la joueuse afin d'atténuer le scandale.
L'ex-président de la Fédération espagnole de football, qui a lui aussi fait appel du jugement, tout comme Jenni Hermoso, avait finalement été condamné à 10 800 euros d'amende pour agression sexuelle et relaxé des autres faits pour lesquels il était jugé.
Mme Durántez Gil accuse, dans ses motivations, le juge José Manuel Fernández-Prieto de l'avoir privée
"de poser des questions pertinentes à plusieurs témoins"
et dénonce aussi une
"incohérence du jugement".
Lors du procès, la procureure avait affirmé qu'il ne faisait pour elle
que Jenni Hermoso avait été embrassée sans son consentement lors de la remise des médailles après le sacre des Espagnoles au Mondial féminin, le 20 août 2023 en Australie.
Luis Rubiales avait également écopé d'une interdiction de s'approcher de Jenni Hermoso à moins de 200 mètres et de communiquer avec elle pendant un an.
Dans sa décision, le tribunal avait estimé que l'ancien homme fort du football espagnol avait
"réalisé par surprise un acte qui porte atteinte à la liberté sexuelle d'une autre personne sans le consentement de l'agressée".
Pour justifier cette simple condamnation à une amende et non une peine plus lourde, M. Fernández-Prieto avait souligné que l'agression sexuelle jugée,
"bien que toujours répréhensible, s'inscrivait parmi celles de moindre intensité (...) dans le code pénal, en l'absence de violence ou d'intimidation".
Concernant le délit de coercition, le juge avait estimé qu'aucun élément ne prouvait l'existence d'un acte de violence ou d'intimidation, conditions requises pour établir de tels faits.
Érigée en symbole de la lutte contre le sexisme dans le sport, Jenni Hermoso avait déclaré pendant le procès s'être sentie
en tant que femme lorsque Luis Rubiales l'avait embrassée sur la bouche. Elle avait aussi décrit les
pressions subies après ce geste pour étouffer le scandale.
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