Le Japon paré pour redémarrer la plus grosse centrale nucléaire du monde

12:506/02/2026, vendredi
AFP
À l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa doit relancer un réacteur dès le 9 février, selon son opérateur Tepco.
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À l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa doit relancer un réacteur dès le 9 février, selon son opérateur Tepco.

Le Japon s’apprête à remettre en service la plus grande centrale nucléaire du monde la semaine prochaine, après qu’une première tentative avait dû être interrompue en janvier en raison d’un dysfonctionnement d’alarme, a annoncé vendredi son opérateur.

Les opérations de redémarrage d’un réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans le centre-ouest du pays et à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, avaient débuté le 21 janvier. Ce processus avait toutefois été suspendu quelques heures plus tard à la suite du déclenchement d’une alarme.

Tokyo Electric Power (Tepco), exploitant du site, prévoit désormais de
"redémarrer le réacteur le 9 février"
, a déclaré Takeyuki Inagaki, directeur de la centrale, lors d’une conférence de presse.

Selon lui, l’alarme avait détecté de légères variations du courant électrique dans un câble en raison d’une erreur de configuration, bien que ces variations soient restées dans une plage considérée comme sûre. Les paramètres du système d’alerte ont depuis été modifiés, permettant un redémarrage en toute sécurité, a-t-il assuré, précisant que l’exploitation commerciale pourrait débuter au plus tôt le 18 mars.


La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus puissante au monde en termes de capacité installée, avait été mise à l’arrêt lorsque le Japon avait fermé l’ensemble de ses réacteurs nucléaires à la suite du triple désastre — séisme, tsunami et accident nucléaire — de mars 2011 à Fukushima. À l’époque, une large partie de la population exprimait de fortes inquiétudes à l’égard de cette source d’énergie.

Mais le pays, pauvre en ressources naturelles et cinquième émetteur mondial de dioxyde de carbone, cherche désormais à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et à répondre à la demande croissante d’électricité, notamment liée au développement de l’intelligence artificielle (IA).


À ce jour, 14 réacteurs ont été remis en service dans l’archipel, après un durcissement strict des normes de sécurité.


La centrale de Kashiwazaki-Kariwa s’étend sur 400 hectares le long de la mer du Japon, face à la péninsule coréenne. Son redémarrage constituerait une première pour Tepco dans une centrale nucléaire, l’entreprise étant également l’opérateur du site de Fukushima Daiichi.


L’opinion publique dans la région demeure profondément divisée : environ 60 % des habitants se disent opposés au redémarrage, contre 37 % favorables, selon une enquête menée par la préfecture de Niigata en septembre.

En janvier, sept groupes opposés au projet ont déposé une pétition réunissant près de 40 000 signatures auprès de Tepco et de l’Autorité japonaise de régulation nucléaire, affirmant que la centrale est située sur une zone de faille sismique active, déjà touchée par un important séisme en 2007.


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