Gaza: nager sous les tirs israéliens, un acte de résistance

La rédaction
16:126/02/2026, vendredi
Yeni Şafak

À Gaza, des nageurs palestiniens poursuivent leurs entraînements en mer malgré les tirs et patrouilles israéliens. Dispersée par la guerre et les déplacements forcés, l’équipe de natation tente de se reconstruire. Pour ses membres, ce sport représente un acte de résilience et un soutien psychologique essentiel face aux traumatismes quotidiens. Des psychiatres soulignent ses bienfaits sur la santé mentale, alors que toutes les infrastructures sportives, y compris les piscines, ont été détruites par les bombardements israéliens dans l’enclave palestinienne.

Malgré les dangers constants en mer, liés aux patrouilles et aux tirs israéliens, des Palestiniens continuent de s’entraîner à la natation. Ils se regroupent dans des zones jugées plus sûres pour limiter les risques.


L’équipe de natation, florissante avant les bombardements israéliens incessants, tente aujourd’hui de se reconstruire. Dispersée par le génocide israélien et les déplacements forcés, elle renaît progressivement. Ses membres soulignent l’importance psychologique de ce sport pour faire face à un quotidien marqué par la guerre, depuis plus de deux ans.


Gaza: "Nous pratiquons la natation malgré de graves dangers"


Abou Mahmoud, capitaine de l’équipe de natation, décrit une pratique devenue périlleuse.


"Nous pratiquons la natation malgré de graves dangers. Le principal est constitué par les patrouilleurs israéliens, qui poursuivent les nageurs et les pêcheurs en mer."

Il affirme que plusieurs nageurs ont été exposés à des tirs provenant de navires de guerre israéliens stationnés au large. Pour réduire les risques, le groupe tente de s’organiser collectivement.


"Nous essayons de les éviter en nous regroupant dans des zones que les navires de guerre ne peuvent pas atteindre."

Avant la guerre, l’équipe comptait plus d’un millier de membres le long de la Côte Bleue de Gaza. Ce nombre a fortement chuté au cours des deux dernières années.


"Nous sommes maintenant de retour pour reconstruire l’équipe qui a été dispersée à cause des déplacements et de la fragmentation."

La natation, un soutien psychologique face à la guerre à Gaza


Yehya Ali Awwad, psychiatre à Gaza, insiste sur les bienfaits mentaux de la natation dans un contexte de violence extrême.


"De mon point de vue et avec mon expérience en santé mentale, la natation est un excellent exercice psychologique."

Selon lui, cette activité aide les Palestiniens à affronter les difficultés quotidiennes imposées par la guerre.


"Elle nous aide à affronter les événements du quotidien, les problèmes de tous les jours et les circonstances difficiles que nous traversons actuellement."

Pour les sportifs de haut niveau, la destruction est totale. Mohammad Farahat, nageur professionnel, témoigne de la disparition des infrastructures.


"Avant la guerre, nous participions aux championnats avec la fédération de natation et j’ai remporté de nombreux titres."

Il ajoute que les bombardements israéliens n’ont laissé aucune piscine intacte dans l’enclave.


"Pendant la guerre, l’occupation n’a rien laissé derrière elle. Pas une seule piscine. La destruction s’est étendue dans tout Gaza."

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