Au milieu des géants du Salon du mobile, des téléphones différents tentent de se démarquer

13:264/03/2026, mercredi
AFP
Souveraineté, protection des données et sobriété numérique au cœur des stratégies de marques indépendantes à Barcelone.
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Souveraineté, protection des données et sobriété numérique au cœur des stratégies de marques indépendantes à Barcelone.

Au Mobile World Congress de Barcelone, quelques fabricants tentent de se distinguer des géants du secteur en misant sur la souveraineté technologique, la protection des données et la déconnexion.

À l’image du néerlandais Fairphone, connu pour ses smartphones éthiques et écologiques, plusieurs entreprises plus modestes cherchent à proposer une alternative aux modèles dominants.


Light Phone: minimalisme assumé


Le troisième modèle de la marque américaine Light Phone tranche radicalement avec les smartphones traditionnels: écran noir, interface minimaliste, absence de logos d’applications.


Vendu 699 dollars (602 euros), l’appareil est conçu pour être
"utilisé le moins possible"
. Selon son directeur général et cofondateur, Kaiwei Tang, le téléphone ne propose que des fonctionnalités essentielles: appels, messages et accès à la 5G, mais pas de réseaux sociaux.

L’objectif est de lutter contre
"l’économie de l’attention"
, qui vise à maintenir les utilisateurs en ligne le plus longtemps possible. L’entreprise observe un intérêt croissant chez les 20-30 ans, en quête d’un rapport plus maîtrisé aux technologies numériques.
"Pourquoi devrait-on avoir besoin de changer de téléphone tous les deux ans?"
, interroge Kaiwei Tang.

Jolla: l’option européenne


Treize ans après son premier modèle, le finlandais Jolla a lancé un nouveau téléphone présenté comme essentiellement européen, commercialisé à 649 euros.


Lancé en décembre, l’appareil a enregistré environ 10.000 précommandes et devrait être livré à partir de juin. Des volumes modestes comparés aux leaders mondiaux, mais suffisants pour assurer la rentabilité, selon le directeur général Sami Pienimäki.

L’équipe, issue en partie d’anciens salariés de Nokia, a intégré son propre système d’exploitation, une rareté sur ce marché dominé par Android et iOS.
"Vous pouvez avoir WhatsApp, Signal, Spotify, peu importe: toutes les applications Android fonctionnent sans les services Google"
, affirme Sami Pienimäki.

Le téléphone est assemblé en Finlande, même si certains composants restent importés d’Asie.


Punkt: la sécurité comme argument central


Les entreprises suisses Punkt et Apostrophy proposent un appareil dont l’écran se divise en deux espaces distincts.

Un simple glissement permet d’accéder à un
"coffre-fort"
numérique intégrant des applications sécurisées, notamment issues de Proton. L’utilisateur peut ensuite revenir aux applications classiques.

Selon l’entreprise, l’appareil
"donne le contrôle sur la vie numérique, à l’abri de toute surveillance fondée sur l’exploitation des données"
. Basé sur Android, le système permet de régler le niveau de sécurité sur une échelle de 1 à 5.

"Les applications qui ne sont pas ouvertes pendant trois jours basculent automatiquement au niveau"
le plus élevé, explique Yanapi Senaud, responsable des ventes chez Punkt.

Vendu 699 euros, le téléphone nécessite, après la première année, un abonnement d’environ dix euros par mois pour financer le système d’exploitation.
"Si vous ne payez pas pour le produit, c’est que vous êtes le produit"
, défend la marque.

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