Au cours de son premier mandat, et même au début de son second mandat, le président américain Donald Trump adoptait une posture plus dure à l’égard de la Chine. Trump semble s’être éloigné de cette ligne dure. I l a peut-être compris que l’imbrication des économies chinoise et américaine rendait plus difficile l’exercice d’une pression accrue sur la Chine. Lors de son premier mandat, Trump affirmait que la Chine avait pris les emplois américains aux Américains et promettait donc de les ramener aux
Au cours de son premier mandat, et même au début de son second mandat, le président américain Donald Trump adoptait une posture plus dure à l’égard de la Chine.
Trump semble s’être éloigné de cette ligne dure. I
l a peut-être compris que l’imbrication des économies chinoise et américaine rendait plus difficile l’exercice d’une pression accrue sur la Chine. Lors de son premier mandat, Trump affirmait que la Chine avait pris les emplois américains aux Américains et promettait donc de les ramener aux États-Unis. Il avait également mis en avant cette promesse électorale avec le slogan
"Rendre à l’Amérique sa grandeur".
Les limites du découplage entre Washington et Pékin
Le fait que Trump se soit rendu à Pékin avec un avion rempli d’hommes d’affaires montrait qu’il n’était pas facile de dissocier les économies américaine et chinoise comme cela avait été promis. La nouvelle politique de Trump semble viser à réduire les déficits commerciaux des États-Unis avec la Chine. Le président chinois Xi Jinping a lui aussi montré qu’il était prêt à faire certains gestes envers Trump sur ce sujet. Trump peut penser que ces gestes donneront un avantage à son parti lors des élections de novembre.
Cependant, cette nouvelle relation ne signifie pas que la rivalité pour l’hégémonie mondiale entre les États-Unis et la Chine a pris fin
. Même si la partie chinoise affirme que l’ascension de la Chine ne constitue pas un défi destiné à évincer les États-Unis de leur place sur la scène mondiale, les faucons antichinois aux États-Unis ne pensent pas vraiment ainsi. Il faut rappeler que ces faucons antichinois existent dans les deux partis.
De nombreux analystes américains s’accordent à dire que toute puissance montante sera perçue comme une menace pour l’hégémonie mondiale des États-Unis. Dans les années 1980, l’ascension technologique du Japon avait d’ailleurs fortement inquiété les Américains. Les arguments avancés aujourd’hui contre la Chine étaient aussi utilisés à l’époque contre les Japonais. Les Japonais ont repoussé les Américains en
. En se mettant en retrait, ils ont accepté de se satisfaire d’un statut inférieur à celui des États-Unis.
Les Américains, qui prétendent être une
et soutiennent qu’un monde sans hégémonie américaine sombrerait dans le chaos, ne peuvent pas se permettre de perdre leur influence sur le système mondial. Les avantages fournis par le système économique mondial dans lequel le dollar est la monnaie de réserve jouent un rôle important dans l’équipement de la puissance militaire américaine. Avec ses bases déployées aux quatre coins du monde, la puissance militaire des États-Unis dépend du maintien de leur statut d’hégémon du système mondial.
La
a facilité la réparation des dommages causés par le transfert des emplois américains vers la Chine. En parallèle, les produits chinois bon marché permettaient aussi aux Américains de satisfaire leurs besoins quotidiens. Mais il semble désormais compris que cette situation n’est pas, et ne peut pas être, durable. Quant à l’immense inégalité dans la répartition des revenus et des richesses, elle a poussé la politique américaine vers les extrêmes.
La Chine mise sur la patience stratégique
Il est évident que la participation de la Chine au système économique mondial a joué un rôle important dans son ascension. Les mondialistes libéraux occidentaux avaient d’ailleurs promis que la mondialisation serait bénéfique pour tous les pays. Aux États-Unis, les faucons antichinois affirment pour leur part que le système économique libéral mondial placé sous le patronage américain a enrichi la Chine tout en appauvrissant les Américains. Il est toutefois aussi vrai que les emplois transférés vers la Chine ont encore davantage enrichi les grandes entreprises américaines.
Au départ, Trump s’adressait aux électeurs qui avaient perdu leurs emplois industriels, avant de choisir ensuite la voie du compromis avec le
. Ses droits de douane supplémentaires ont mis en difficulté les producteurs qui exportaient vers la Chine, tout en compliquant fortement la vie des Américains ordinaires. Il semble que Trump soit contraint, pour sortir politiquement de ce piège, de s’engager dans une relation avec la Chine centrée sur le commerce.
La Chine, de son côté, veut qu’en échange de gestes commerciaux, les États-Unis respectent ses
. Certaines déclarations faites par Trump après le
donnent en effet l’impression qu’un changement pourrait intervenir dans la politique américaine à l’égard de Taïwan. Pendant que Xi Jinping agissait au sommet avec une vision stratégique et de long terme, Trump adoptait une position de court terme, limitée au mieux à la durée de son propre mandat.
Selon les Taïwanais, Xi Jinping fait des gestes pour que les États-Unis retirent leur main de Taïwan. Cette stratégie est décrite comme "retirer le bois sous la marmite bouillante". Cette ancienne stratégie chinoise est considérée comme faisant partie de la grande stratégie de la Chine face à l’hégémonie américaine.
La Chine suit une politique de "patience stratégique" face aux États-Unis, dont l’expansion impériale a atteint ses limites et qui sont donc entrés dans une phase de déclin. Elle veut poursuivre sa croissance économique, et militaire, sans entrave. Elle préfère observer l’affaiblissement des fondements internationaux de la puissance américaine. L’essence de la stratégie consistant à
"retirer le bois sous la marmite bouillante"
est résumée par cette formule:
"Un bon combattant commence par se rendre invincible, puis attend que l’ennemi devienne vulnérable."
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