France : allongement de la rétention des étrangers dénoncé

La rédaction avec
13:3019/05/2026, Salı
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Des personnes attendent devant le centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte, rattaché au Service territorial de police aux frontières (STPAF), à Pamandzi, sur le territoire français de Mayotte, dans l'océan Indien, le 29 octobre 2025.
Crédit Photo : Marine GACHET / Archive/AFP
Des personnes attendent devant le centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte, rattaché au Service territorial de police aux frontières (STPAF), à Pamandzi, sur le territoire français de Mayotte, dans l'océan Indien, le 29 octobre 2025.

Plusieurs associations françaises de défense des migrants ont dénoncé l'allongement de la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière, estimant que cette mesure ne se traduit pas par une hausse des expulsions, selon un rapport publié mardi.

Selon les données publiées par Forum Réfugiés, France terre d'asile, La Cimade et Solidarité Mayotte, les personnes retenues dans les 22 centres de rétention administrative (CRA) de France hexagonale ont passé des périodes de plus en plus longues en détention ces cinq dernières années. Elles ont indiqué que le nombre d'expulsions continue de diminuer parallèlement à cette augmentation des durées, ont précisé les associations dans un rapport publié mardi à la veille de l'examen sénatorial d'un texte législatif.

Durées de rétention en hausse, expulsions en baisse

Les associations soulignent qu'en 2025, 16 467 personnes ont été enfermées dans ces centres, contre 16 628 en 2024. Elles ont précisé que cette légère baisse du nombre de détenus s'accompagne d'une politique migratoire davantage orientée vers le durcissement sécuritaire que vers l'efficacité administrative.

Par ailleurs, elles ont également affirmé que l'allongement des durées de rétention ne se traduit pas par une augmentation proportionnelle des expulsions effectives, mettant en cause la pertinence de cette mesure.

Critique de l'efficacité et des objectifs

Les organisations ont dénoncé une approche privilégiant la répression à l'accompagnement des personnes en situation irrégulière. Elles ont indiqué que les conséquences humaines de cette rétention prolongée incluent une aggravation notable de la précarité psychologique et sociale des intéressés.

De plus, le rapport critique également la « banalisation » croissante de l'enfermement administratif des étrangers, soulignant que cette privation de liberté devient une solution de routine plutôt qu'une mesure exceptionnelle.

Contexte législatif et examen sénatorial

Cette publication intervient dans un contexte de durcissement du débat migratoire en France. Le Sénat doit examiner prochainement un projet de loi prévoyant un allongement des durées maximales de rétention administrative.

Toutefois, les associations ont rappelé que l'efficacité des éloignements dépend davantage de la coopération internationale que de la durée de l'enfermement, soulignant l'inefficacité de la mesure proposée.

Pour rappel

Pour rappel, les centres de rétention administrative accueillent des étrangers en situation irrégulière faisant l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français. Selon les mêmes sources, la politique migratoire française a notamment connu un virage sécuritaire marqué ces dernières années, sans pour autant améliorer les taux d'expulsion vers les pays d'origine.


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