
Un rapport porté par des sénateurs Les Républicains relance la controverse : sous couvert de lutte contre “l’entrisme islamiste”, plusieurs mesures ciblent exclusivement les enfants musulmans, ravivant les critiques sur une dérive politique et une instrumentalisation du débat public à l’approche des municipales 2026.
Un texte qui cible principalement les mineurs musulmans
Le rapport présenté par 29 sénateurs Les Républicains, dirigé par Jacqueline Eustache-Brinio, propose 17 mesures censées lutter contre “l’entrisme islamiste”.
Pourtant, ses recommandations se concentrent presque exclusivement sur les pratiques religieuses d’enfants musulmans : interdiction du voile et du jeûne du Ramadan pour les moins de 16 ans, interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires, y compris dans le milieu sportif.
Aucune équivalence n’est formulée pour d’autres religions, soulevant une question essentielle : pourquoi seuls les enfants musulmans devraient-ils être protégés d’un supposé endoctrinement religieux ?
Une proposition en contradiction avec le droit existant
Le texte va plus loin en réclamant la neutralité religieuse obligatoire pour les élus locaux.
Cette position contredit la jurisprudence du Conseil d’État, qui rappelle que les maires et conseillers municipaux représentent le peuple, et non l’État, et ne sont donc pas soumis à l’obligation de neutralité religieuse.
Un rapport publié dans un contexte polémique
La publication intervient peu après un sondage IFOP commandé par Écran de Veille, un média méconnu et soupçonné, selon plusieurs enquêtes, d’entretenir des liens avec les services de renseignement des Émirats arabes unis.
Le sondage — déjà contesté — associe des pratiques religieuses quotidiennes à de l’“islamisme”, sans rapport avec les Frères musulmans. Plusieurs conseils départementaux du culte musulman ont d’ailleurs porté plainte.
À cinq mois des municipales, un parfum d’instrumentalisation politique
À l’approche des élections municipales de 2026, nombre d’observateurs dénoncent une utilisation politique du thème de la laïcité, au détriment d’un débat apaisé et factuel.
Pendant ce temps, les musulmans demeurent largement exclus des discussions qui façonnent pourtant leur avenir et restent confrontés à une islamophobie croissante.
La vraie urgence: protéger réellement les mineurs
Si la protection des enfants constitue réellement l’objectif de ces mesures, d’autres urgences criantes devraient mobiliser l’État : l’augmentation des cas de pédocriminalité en France, dénoncée avec insistance par l’avocat Michel Amas, la progression alarmante de la prostitution de mineures placées, censées être sous la responsabilité de la puissance publique.
Deux sujets bien plus graves, qui restent pourtant relégués au second plan.










