
Au Gabon, des chercheurs annoncent une avancée majeure contre le paludisme : un traitement innovant à dose unique affichant des résultats très encourageants. Bien que non encore validée par l’OMS, cette découverte pourrait, à terme, transformer les stratégies de lutte contre l’une des maladies les plus meurtrières en Afrique.
Une innovation médicale issue de la recherche africaine
Une avancée scientifique d’envergure émerge du Gabon dans la lutte contre le paludisme. Des chercheurs du Centre de recherche médicale de Lambaréné (CERMEL) ont mis au point un traitement expérimental reposant sur une approche novatrice : une dose unique, combinant une artémisinine à trois molécules déjà disponibles sur le marché pharmaceutique.
Cette innovation intervient dans un contexte où les protocoles actuels contre le paludisme exigent plusieurs jours de traitement, un facteur qui complique l’observance thérapeutique, notamment dans les zones rurales et à ressources limitées.
Des résultats cliniques particulièrement encourageants
Entre mai 2024 et octobre 2024, plus de 1 000 patients atteints de paludisme, dont un nombre important d’enfants, ont été traités dans le cadre des essais menés par les équipes du CERMEL.
Les résultats sont significatifs : 93 % des patients ne présentaient plus de parasites après 28 jours, un taux supérieur à celui observé avec les traitements conventionnels.
Ces données suggèrent qu’une simplification du traitement pourrait considérablement améliorer l’efficacité globale de la lutte contre la maladie, en réduisant les abandons thérapeutiques et les rechutes.
Une réponse à un problème majeur de santé publique
Le paludisme demeure un problème critique de santé publique au Gabon. En 2024, plus de 154 000 cas ont été officiellement recensés dans le pays.
À l’échelle africaine, la maladie continue de provoquer une morbidité et une mortalité élevées, touchant particulièrement les enfants et les populations les plus vulnérables.
Selon le docteur Ghyslain Mombo-Ngoma, principal investigateur du projet, l’urgence est claire : les traitements doivent être simples, efficaces et immédiatement applicables. Aujourd’hui, près d’un tiers des patients ne terminent pas leur cure, principalement en raison de la durée et de la complexité des protocoles existants.
Prudence scientifique et attente de validation internationale
Malgré l’enthousiasme suscité par ces résultats, les chercheurs appellent à la prudence. À ce stade, le traitement à dose unique n’a pas encore reçu de reconnaissance officielle de la Organisation mondiale de la santé.
Des essais cliniques supplémentaires, menés à plus grande échelle et dans différents contextes épidémiologiques, restent indispensables avant toute adoption généralisée.
Cette phase de validation internationale constitue une étape cruciale pour garantir l’efficacité, la sécurité et la reproductibilité du traitement.
Vers une transformation des stratégies de lutte contre le paludisme ?
Si les résultats sont confirmés, ce traitement pourrait profondément modifier les stratégies de lutte contre le paludisme en Afrique et au-delà. Moins coûteux, plus facile à administrer et mieux adapté aux réalités du terrain, il offrirait une alternative crédible aux protocoles actuels souvent inadaptés aux conditions locales.
Au-delà de l’aspect médical, cette avancée illustre également la montée en puissance de la recherche scientifique africaine, capable de produire des solutions innovantes face à des défis structurels majeurs.
Cette découverte venue du Gabon rappelle une réalité trop souvent négligée : l’Afrique n’est pas seulement confrontée à des crises sanitaires persistantes, elle est aussi un espace de production de savoirs, d’innovations et de réponses concrètes aux enjeux mondiaux.
Dans la lutte contre le paludisme, cette avancée ouvre une perspective nouvelle, porteuse d’espoir pour des millions de personnes, tout en réaffirmant le rôle central de la recherche africaine dans la santé globale.









