
Un tribunal japonais a décidé mercredi de confirmer l’ordonnance de dissolution visant l’Église de l’Unification, mouvement religieux controversé fondé en 1954, selon des médias locaux.
La Tokyo High Court a confirmé la décision rendue en mars dernier par le Tokyo District Court, a rapporté Kyodo News. La décision prend effet immédiatement, bien que le groupe puisse encore former un recours devant la Supreme Court of Japan.
Atteinte au bien-être public
Conformément au cadre juridique japonais, les autorités peuvent demander la dissolution d’une organisation religieuse si celle-ci est reconnue coupable d’actes portant gravement atteinte au bien-être public.
Le gouvernement a estimé que certaines pratiques du mouvement — notamment le fait d’approcher des individus sans révéler clairement son identité et de solliciter des dons importants — constituaient des violations du droit civil.
La demande de dissolution avait été déposée en 2023 par le Ministry of Education, Culture, Sports, Science and Technology.
Contexte politique sensible
Le mouvement a fait l’objet d’une attention publique et politique accrue après l’assassinat en 2022 de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe. L’auteur de l’attaque avait déclaré nourrir du ressentiment en raison des difficultés financières de sa famille, liées à des dons versés à l’Église.
Dans la foulée, des liens présumés entre des membres du Parti libéral-démocrate et l’Église de l’Unification ont été révélés, poussant le Japon à adopter en décembre 2022 une loi visant à encadrer les pratiques de collecte de fonds jugées coercitives.
Connue pour ses mariages collectifs et ses sollicitations agressives de dons, l’Église de l’Unification a été fondée en 1954 en Corée du Sud et est fréquemment qualifiée de secte par ses détracteurs.









