CMA-CGM estime à 300 millions $ le coût de la crise au Moyen-Orient

La rédaction avec
09:5710/06/2026, mercredi
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Le groupe CMA-CGM évalue à près de 300 millions de dollars les surcoûts liés aux tensions au Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Ormuz.
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Le groupe CMA-CGM évalue à près de 300 millions de dollars les surcoûts liés aux tensions au Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Ormuz.

Le groupe maritime français CMA-CGM estime à environ 300 millions de dollars les surcoûts engendrés au cours du semestre par la crise au Moyen-Orient et les perturbations affectant le détroit d'Ormuz, selon les déclarations faites mardi par ses dirigeants devant une commission parlementaire.

Le président-directeur général du groupe, Rodolphe Saadé, et le directeur financier, Ramón Fernández, ont détaillé les conséquences opérationnelles et financières de cette situation exceptionnelle, qui continue de peser sur les chaînes logistiques internationales et sur le transport maritime mondial.


Une cellule de crise activée dès le début des hostilités


Rodolphe Saadé a expliqué qu'une cellule de crise avait été mise en place
"le jour même"
du déclenchement des hostilités, le 28 février, entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

Selon le dirigeant, cette cellule s'est réunie quotidiennement, parfois à plusieurs reprises dans une même journée, afin d'adapter les opérations du groupe face à l'évolution rapide de la situation sécuritaire dans le Golfe.

Cette organisation de crise a permis à CMA-CGM de maintenir ses activités tout en recherchant des solutions alternatives pour limiter les perturbations des flux commerciaux.


Des itinéraires alternatifs pour préserver les livraisons


Le groupe français a choisi de maintenir ses services en mettant en place des solutions logistiques inédites.

Les navires interrompent désormais leur trajet avant de franchir le détroit d'Ormuz, notamment dans les ports de Khor Fakkan et de Duqm, à Oman. Les marchandises sont ensuite acheminées vers leur destination finale par voie terrestre grâce à des réseaux routiers et ferroviaires.


Parallèlement, CMA-CGM continue d'emprunter la route maritime de Bab el-Mandeb, où ses navires bénéficient d'escortes assurées par la Marine française ou par la mission européenne ASPIDES chargée de sécuriser la navigation commerciale.

Une facture qui pourrait encore s'alourdir


Le directeur financier Ramón Fernández a évalué les surcoûts liés à la crise à
"de l'ordre de 300 millions"
de dollars pour le semestre.

Ces dépenses supplémentaires résultent notamment des navires immobilisés, des conteneurs bloqués ainsi que des solutions logistiques alternatives déployées via les Émirats arabes unis, Oman et l'Arabie saoudite, utilisant successivement le transport routier, ferroviaire et aérien.


Ramón Fernández a également alerté sur les conséquences de la hausse des prix de l'énergie. Le groupe consacre environ 5 milliards de dollars par an à ses dépenses de transport, et une augmentation durable du prix du pétrole vers les 100 dollars le baril pourrait représenter plusieurs milliards de dollars de charges supplémentaires par rapport aux prévisions budgétaires initiales.

"On verra à la fin de l'année quel est le résultat net de l'ensemble de cette situation"
, a-t-il déclaré.

Le détroit d'Ormuz au cœur des tensions géopolitiques


Le différend autour du contrôle du détroit d'Ormuz continue de perturber les marchés mondiaux de l'énergie ainsi que le transport maritime international.

Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part importante des exportations mondiales d'hydrocarbures, fait l'objet de fortes tensions géopolitiques. Téhéran a restreint le transit commercial dans cette zone, tandis que Washington a renforcé les mesures de pression contre les ports iraniens, accentuant les incertitudes pour les armateurs et les acteurs du commerce international.



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