Les 3 dimensions de la "nullité absolue"...

11:0423/05/2026, Cumartesi
MAJ: 23/05/2026, Cumartesi
Ali Saydam

Les experts débattent longuement à la télévision des dimensions politiques, morales, économiques et sociales de la décision rendue par la 36e chambre civile de la cour régionale de justice d’Ankara. Essayons, pour notre part, d’aborder le sujet sous l’angle de la gestion des relations et de la communication. Une affaire transformée en opération de perception Trois dimensions du sujet apparaissent immédiatement. La première est celle de la diplomatie publique. Autrement dit, il s’agit de l’approche

Les experts débattent longuement à la télévision des dimensions politiques, morales, économiques et sociales de la décision rendue par la 36e chambre civile de la cour régionale de justice d’Ankara. Essayons, pour notre part, d’aborder le sujet sous l’angle de la gestion des relations et de la communication.


Une affaire transformée en opération de perception


Trois dimensions du sujet apparaissent immédiatement. La première est celle de la diplomatie publique. Autrement dit, il s’agit de l’approche qui prolonge la campagne islamophobe menée, auprès de leurs propres opinions publiques, par des puissances étrangères lésées par la politique que le pouvoir en place mène depuis des années, une politique locale, nationale, favorable à la souveraineté nationale, à la décolonisation et centrée sur la conscience, contre le président Erdoğan et le gouvernement.


Par exemple, nous n’avons pas été surpris en voyant le titre du New York Times (NYT)... Le journal, l’un des navires amiraux de la presse internationale, a présenté les derniers développements dans l’affaire du CHP exactement ainsi:
"Cette décision est la dernière d’une série de manœuvres juridiques par lesquelles Erdoğan vise à éliminer les menaces politiques dirigées contre lui et à semer le chaos parmi ceux qui ne veulent pas lui permettre de rester plus longtemps le plus haut responsable politique de Türkiye."

Cette approche qui rabaisse Türkiye ne se limite pas au NYT; on retrouve des formulations similaires dans les médias européens. Les concepts qu’ils ont appris par cœur sont toujours les mêmes:
"régime autoritaire, gouvernement antidémocratique, tentative de faire taire l’opposition"
. Ils tentent de recouvrir les faits avec ces clichés.

Le Financial Times a écrit:
"En Türkiye, un tribunal destitue le chef de l’opposition"... Reuters s’est montré encore plus agressif: "Le dernier coup porté par Erdoğan à ses rivaux"
...

Or la situation juridique est si claire que le gouvernement n’a pas la moindre implication dans cette affaire, il n’en est même pas partie prenante. Le dossier concerne une demande d’annulation du 38e congrès ordinaire et du 21e congrès extraordinaire du CHP. Celui qui a introduit l’action en justice est Lütfü Savaş, ancien maire métropolitain de Hatay issu du CHP...


Alors que la situation est parfaitement claire, les titres de ce type dans la presse occidentale ne peuvent pas être évacués comme une simple erreur journalistique. C’est le signe évident que Türkiye doit défendre ses thèses sur la scène internationale de manière beaucoup plus agressive et professionnelle. Une grande responsabilité incombe à nos frères, le directeur de la Communication, le professeur Burhanettin Duran, et le président de la diplomatie publique et des recherches stratégiques au ministère des Affaires étrangères, le Dr Polat Safi. Car l’événement n’est plus une affaire de droit interne, il a été transformé en opération de perception internationale contre Türkiye.


Le tableau intérieur du CHP et la défiance face au droit


Venons-en à la deuxième dimension du sujet, particulièrement douloureuse... Il est question de rapports du MASAK présentés au tribunal, solides comme un roc, et de constats établis dans d’autres dossiers judiciaires. Nous avons devant nous un tableau terrible, où les abus, les détournements, la corruption et toutes sortes de dérives dans lesquelles le CHP est tombé volent dans tous les sens. Il apparaît que la décision de nullité absolue ne représente que la toute petite partie visible de l’iceberg.


C’est la règle d’or de la communication politique: les perceptions sont réelles, parce que les gens y croient. Si vous avez construit dans l’esprit de votre public cible l’image d’un parti
"en guerre contre lui-même",
vous aurez beaucoup de mal à la détruire, même si vous accomplissez des miracles. Qu’avait dit Fatih Altaylı?
"J’en ai assez d’eux. La République, c’est Atatürk qui l’a fondée! Ceux-là, ils ne seraient même pas capables de remonter une montre."

La troisième dimension du sujet est la révolte téméraire, hors du cadre du droit, d’Özgür Özel et de son équipe. Face à la décision de la cour régionale de justice, il a déclaré: "Cette décision est nulle et non avenue pour moi, je ne quitte ni le bâtiment ni mon bureau."


Nous avons un fils de 15 ans. Comment pouvons-nous expliquer cette situation à un enfant que nous essayons d’éduquer dans le respect des lois et dans la croyance en la primauté du droit? Si demain il se tourne vers nous et demande:
"Si le chef d’un parti qui aspire à gouverner le pays ne tient pas compte d’une décision de justice, pourquoi devrais-je, moi, respecter les lois?"
, que lui répondrons-nous?

Le chef d’un parti politique qui prétend défendre l’avenir de Türkiye n’a-t-il pas le devoir d’être un exemple et un guide, en particulier pour les jeunes, par ses idées, son attitude et son comportement? Nous savons qu’il n’a pas d’idées concrètes sur les questions concernant Türkiye et le monde. Au moins, s’il avait une posture et une attitude...


Compte tenu de notre âge, nous avons suivi de près presque tout le processus politique depuis les élections de 1950 jusqu’à aujourd’hui. Dans l’histoire politique turque, nous n’avons jamais connu une autre période où l’opposition se soit trouvée dans un état aussi profond de faiblesse, d’impuissance et de manque de responsabilité.

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