RDC: Ebola gagne une zone contrôlée par le M23, l’inquiétude internationale s’accentue

La rédaction avec
16:5722/05/2026, vendredi
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À Goma, des campagnes de sensibilisation ont été lancées après l’apparition de premiers cas, tandis qu’à Kinshasa, des laboratoires tentent de retracer l’origine de la souche virale afin de ralentir sa propagation.
Crédit Photo : Capture video / @GrandeOrientale / X
À Goma, des campagnes de sensibilisation ont été lancées après l’apparition de premiers cas, tandis qu’à Kinshasa, des laboratoires tentent de retracer l’origine de la souche virale afin de ralentir sa propagation.

Un premier cas de transmission du Ebola a été confirmé dans une zone contrôlée par le groupe armé M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, illustrant l’extension de l’épidémie vers des territoires instables et difficiles d’accès.

Dans un communiqué publié jeudi, le porte-parole du M23 a indiqué que des analyses avaient confirmé un cas positif à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, chez un homme de 28 ans arrivé de Kisangani. Selon le mouvement armé, le patient est décédé avant la confirmation du diagnostic.

Aucune déclaration officielle des autorités congolaises n’avait été publiée à ce stade.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime désormais que le risque épidémique est
"élevé"
pour l’Afrique centrale, bien qu’il reste
"faible"
à l’échelle mondiale. L’organisation considère également que le virus circulait probablement depuis plusieurs mois avant l’identification officielle de l’épidémie le 15 mai.

Selon les derniers bilans communiqués par les autorités sanitaires congolaises et l’OMS, l’épidémie aurait déjà causé entre 139 et 160 morts pour près de 600 à 670 cas probables ou suspects.

L’Ituri, province de l’est de la RDC frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, reste l’épicentre de la flambée. Dans cette région densément peuplée, les autorités sanitaires peinent à organiser la riposte, confrontées à des difficultés logistiques, à l’insécurité et à la défiance d’une partie de la population.

Effets diplomatiques et sanitaires

À Goma, des campagnes de sensibilisation ont été lancées après l’apparition de premiers cas, tandis qu’à Kinshasa, des laboratoires tentent de retracer l’origine de la souche virale afin de ralentir sa propagation.

Des tensions ont également été signalées dans plusieurs centres médicaux. À l’hôpital général de Rwampara, près de Bunia, une foule en colère a incendié des tentes d’isolement après que des proches d’un patient présumé mort d’Ebola se sont vu refuser la restitution du corps pour l’enterrement. Les autorités rappellent que les dépouilles des victimes restent hautement contagieuses et nécessitent des protocoles funéraires stricts.

La propagation de l’épidémie commence également à produire des effets diplomatiques et sanitaires au-delà de la RDC. L’Union africaine et l’Inde ont reporté un sommet prévu fin mai à New Delhi.

L’Ouganda a signalé deux cas suspects impliquant des ressortissants congolais récemment arrivés du territoire voisin, dont un décès. Un médecin missionnaire américain contaminé en RDC a par ailleurs été transféré dans une unité spécialisée de l’hôpital de la Charité à Berlin.

Le gouvernement français a annoncé avoir pris des mesures de précaution à Mayotte, tout en estimant que le risque d’importation en France métropolitaine demeure
"très faible"
à ce stade.

Cette flambée constitue la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC depuis 1976. Selon l’OMS, la souche Bundibugyo actuellement en circulation présente un taux de mortalité proche de 50 %, sans vaccin ni traitement clinique homologué à ce jour.


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