France - Présidentielle 2027 : Marine Le Pen prépare l’après-jugement et affiche l’unité avec Bardella

La rédaction avec
13:4622/05/2026, vendredi
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Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 19 mai 2026.
Crédit Photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 19 mai 2026.

À un peu plus d’un an de l’échéance présidentielle, Marine Le Pen a multiplié ce vendredi les prises de position aux accents de pré-campagne, affichant son unité avec Jordan Bardella tout en se projetant dans l’hypothèse d’un empêchement judiciaire.

Invitée de RMC-BFMTV, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale a indiqué qu’elle maintiendrait sa candidature à l’élection présidentielle en cas de condamnation assortie d’un sursis dans le dossier des assistants parlementaires européens du RN, dont la décision en appel est attendue le 7 juillet.

En cas de condamnation à une peine d’inéligibilité, Le Pen a assuré qu’elle
"fera la campagne"
de Jordan Bardella.
"Je ne me suis jamais battue pour moi-même, je me bats pour que nos idées arrivent au pouvoir"
, a-t-elle déclaré, affirmant qu’elle continuerait à défendre ses positions même si la justice l’empêchait de se présenter.
Dans cette affaire, le parquet général a requis cinq ans d’inéligibilité, quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis, une possibilité d’aménagement de la partie ferme sous bracelet électronique ainsi que 100.000 euros d’amende.

Déjà condamnée en première instance à une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire, Marine Le Pen avait affirmé le 13 mai qu’elle resterait candidate si une éventuelle peine d’inéligibilité était assortie d’un sursis.

"Faire survivre le macronisme"

La députée du Pas-de-Calais a également insisté sur l’absence de
"divergences profondes"
avec Jordan Bardella, assurant qu’ils partageaient
"les mêmes convictions"
et
"la même vision économique"
. Tous deux travaillent actuellement au programme présidentiel du RN pour 2027, même si des
"arbitrages"
restent à effectuer, selon elle.
"Si je suis candidate, il sera mon Premier ministre"
, a-t-elle ajouté, précisant que des réunions avec leurs équipes respectives devaient permettre de finaliser les derniers points du programme.

Marine Le Pen a parallèlement élargi son propos à plusieurs thèmes régaliens et diplomatiques.

Elle a dénoncé la nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, estimant que
"l’objectif d’Emmanuel Macron, c’est de faire survivre le macronisme après la fin du macronisme".
Ancien secrétaire général de l’Élysée et proche collaborateur du chef de l’État, Emmanuel Moulin est pressenti pour succéder à François Villeroy de Galhau. Sa nomination suscite des critiques au sein de l’opposition, qui accuse l’exécutif de vouloir renforcer son influence sur des institutions réputées indépendantes.

"Fermeté face à Alger"

Le député LFI Éric Coquerel a évoqué un problème
"d’indépendance"
, tandis que le député RN Jean-Philippe Tanguy a accusé Emmanuel Macron de vouloir
"verrouiller les institutions en vue de 2027"
.
Le camp présidentiel défend de son côté un haut fonctionnaire au
"parcours reconnu"
, selon le député Renaissance Pierre Cazeneuve. La candidature d’Emmanuel Moulin doit encore être validée après des auditions parlementaires et un vote des commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Sur les relations franco-algériennes, Marine Le Pen a appelé Alger à reprendre ses ressortissants visés par des obligations de quitter le territoire français (OQTF), mesures administratives d’éloignement décidées par les autorités françaises. Elle a plaidé pour un dialogue
"ferme"
avec l’Algérie, estimant qu’
"il faut dialoguer mais ne pas s’agenouiller"
.
En matière de défense, la dirigeante du RN a réaffirmé sa volonté de voir la France quitter le commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), tout en restant membre de l’Alliance. Elle a estimé que cette évolution n’empêcherait pas l’interopérabilité avec les armées alliées et a appelé à une réorientation stratégique de l’OTAN vers la lutte contre le
"fondamentalisme islamiste"
.

Ces déclarations interviennent alors que le RN cherche à consolider sa crédibilité présidentielle et à préparer différents scénarios en fonction de l’issue judiciaire attendue cet été pour sa figure historique.


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