Flottille Sumud: "Ils frappaient nos corps avec leurs bottes"

La rédaction
17:3022/05/2026, الجمعة
Yeni Şafak

Marie, militante suisse de la flottille humanitaire Global Sumud, a témoigné à Istanbul après l’interception du navire par les forces israéliennes au large de Chypre. Elle affirme avoir subi violences physiques, humiliations et mauvais traitements malgré le caractère non violent de la mission. Son récit rejoint ceux d’autres militants dénonçant des conditions de détention difficiles après cette opération maritime liée au blocus de Gaza.

À sa descente d’avion à Istanbul ce 21 mai, Marie, militante suisse membre de la flottille humanitaire Global Sumud, a livré un témoignage marqué par les violences qu’elle affirme avoir subies après l’interception du navire par les forces israéliennes. Interceptés en mer au sud-ouest de Chypre, les militants dénoncent plusieurs jours de brutalités, d’humiliations et de privations. Témoignage.

Le visage fatigué mais déterminé, Marie fait partie des militants propalestiniens arrivés jeudi à l’aéroport d’Istanbul après leur expulsion d’Israël.

Engagée au sein de la flottille Global Sumud, elle participait à cette mission civile destinée à rejoindre Gaza afin d’acheminer une aide humanitaire et dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien.

Son récit vient désormais s’ajouter aux témoignages de plusieurs autres participants qui dénoncent des violences lors de leur interpellation.

Selon les militants présents à bord, l’interception du navire s’est produite en mer Méditerranée, au large du sud-ouest de Chypre, alors que le convoi se trouvait encore loin des côtes palestiniennes.

La flottille était partie de La Türkiye quelques jours plus tôt avec plusieurs militants internationaux engagés dans des actions de solidarité avec Gaza.


Une intervention dénoncée comme brutale


Marie affirme que les violences ont commencé immédiatement après l’interception du bateau.

"Ce qui m’a beaucoup marqué, c’est la violence avec laquelle on a été traités du début à la fin, souvent sans aucune raison, aucune provocation de notre part, aucune résistance de notre part."

Selon elle, les militants avaient reçu des formations spécifiques à la non-violence avant le départ de la mission humanitaire.

"Ils sont partis du principe qu’ils allaient être brutaux avec nous et ils l’ont été."

La militante suisse décrit plusieurs heures passées à genoux, menottée dans le dos, sous surveillance armée.

"On a été à genoux pendant des heures, la tête contre le sol, les mains menottées dans le dos."

Elle explique que certains militants tentaient d’alerter les soldats lorsque les menottes devenaient trop serrées ou lorsqu’une personne semblait en difficulté.

"Quand quelqu’un essayait de faire passer un message pour aider une personne, ça les mettait en colère. Ils venaient et ils frappaient cette personne."

Plusieurs participants de la flottille ont également évoqué des humiliations, des violences physiques et des conditions de détention difficiles après leur transfert.

Selon différents témoignages recueillis à Istanbul, certains militants auraient été privés de sommeil, maintenus dans des espaces confinés et soumis à des pressions psychologiques durant plusieurs jours.


"Ils frappaient nos corps avec leurs bottes"


Le témoignage de Marie évoque également des violences physiques directes qu’elle affirme avoir personnellement subies.

"Personnellement, ils m’ont tiré les cheveux dans tous les sens."

Elle raconte avoir tenté d’intervenir lorsqu’une autre militante aurait été violemment prise à partie.

"Il y a une fille qui s’est vraiment fait violenter. Je leur ai hurlé d’arrêter ça et de la laisser tranquille."

Selon elle, cette réaction aurait immédiatement provoqué une nouvelle intervention musclée.

"Un autre israélien est venu avec ses grosses bottes pour me faire peur et ils frappaient nos corps avec leurs bottes."

Marie affirme porter encore des traces physiques de cette interpellation.

"J’ai un peu des bleus sur le corps."

La militante insiste également sur le caractère non violent de l’action menée par les passagers du navire.

"On n’a jamais été violents. On avait des formations de non-violence. Ils n’avaient aucune raison d’être comme ils ont été avec nous."

À Istanbul, plusieurs militants ont été accueillis par des soutiens venus attendre leur arrivée après leur expulsion.

Des images diffusées à l’aéroport montrent plusieurs participants présentant des marques visibles et des signes de fatigue après plusieurs jours passés en détention.

Le mot arabe "sumud", qui signifie résilience ou persévérance, donne son nom à cette flottille humanitaire.

Malgré les événements rapportés par plusieurs militants, certains participants affirment vouloir poursuivre leurs actions de soutien à Gaza et continuer à dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien.

Ces témoignages relancent également les débats autour des opérations maritimes menées contre les convois civils en Méditerranée, du droit international maritime et des conditions de traitement des militants après leur interpellation.


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