
Marie, militante suisse de la flottille humanitaire Global Sumud, a témoigné à Istanbul après l’interception du navire par les forces israéliennes au large de Chypre. Elle affirme avoir subi violences physiques, humiliations et mauvais traitements malgré le caractère non violent de la mission. Son récit rejoint ceux d’autres militants dénonçant des conditions de détention difficiles après cette opération maritime liée au blocus de Gaza.
À sa descente d’avion à Istanbul ce 21 mai, Marie, militante suisse membre de la flottille humanitaire Global Sumud, a livré un témoignage marqué par les violences qu’elle affirme avoir subies après l’interception du navire par les forces israéliennes. Interceptés en mer au sud-ouest de Chypre, les militants dénoncent plusieurs jours de brutalités, d’humiliations et de privations. Témoignage.
Le visage fatigué mais déterminé, Marie fait partie des militants propalestiniens arrivés jeudi à l’aéroport d’Istanbul après leur expulsion d’Israël.
Engagée au sein de la flottille Global Sumud, elle participait à cette mission civile destinée à rejoindre Gaza afin d’acheminer une aide humanitaire et dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien.
Son récit vient désormais s’ajouter aux témoignages de plusieurs autres participants qui dénoncent des violences lors de leur interpellation.
Selon les militants présents à bord, l’interception du navire s’est produite en mer Méditerranée, au large du sud-ouest de Chypre, alors que le convoi se trouvait encore loin des côtes palestiniennes.
La flottille était partie de La Türkiye quelques jours plus tôt avec plusieurs militants internationaux engagés dans des actions de solidarité avec Gaza.
Une intervention dénoncée comme brutale
Marie affirme que les violences ont commencé immédiatement après l’interception du bateau.
Selon elle, les militants avaient reçu des formations spécifiques à la non-violence avant le départ de la mission humanitaire.
La militante suisse décrit plusieurs heures passées à genoux, menottée dans le dos, sous surveillance armée.
Elle explique que certains militants tentaient d’alerter les soldats lorsque les menottes devenaient trop serrées ou lorsqu’une personne semblait en difficulté.
Plusieurs participants de la flottille ont également évoqué des humiliations, des violences physiques et des conditions de détention difficiles après leur transfert.
Selon différents témoignages recueillis à Istanbul, certains militants auraient été privés de sommeil, maintenus dans des espaces confinés et soumis à des pressions psychologiques durant plusieurs jours.
"Ils frappaient nos corps avec leurs bottes"
Le témoignage de Marie évoque également des violences physiques directes qu’elle affirme avoir personnellement subies.
Elle raconte avoir tenté d’intervenir lorsqu’une autre militante aurait été violemment prise à partie.
Selon elle, cette réaction aurait immédiatement provoqué une nouvelle intervention musclée.
Marie affirme porter encore des traces physiques de cette interpellation.
La militante insiste également sur le caractère non violent de l’action menée par les passagers du navire.
À Istanbul, plusieurs militants ont été accueillis par des soutiens venus attendre leur arrivée après leur expulsion.
Des images diffusées à l’aéroport montrent plusieurs participants présentant des marques visibles et des signes de fatigue après plusieurs jours passés en détention.
Le mot arabe "sumud", qui signifie résilience ou persévérance, donne son nom à cette flottille humanitaire.
Malgré les événements rapportés par plusieurs militants, certains participants affirment vouloir poursuivre leurs actions de soutien à Gaza et continuer à dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien.
Ces témoignages relancent également les débats autour des opérations maritimes menées contre les convois civils en Méditerranée, du droit international maritime et des conditions de traitement des militants après leur interpellation.











