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Des gardes républicains français se préparent en vue d'un banquet officiel organisé par le président français à l'occasion de l'arrivée du président mauritanien à l'Élysée, à Paris, le 15 avril 2026.
Deux juges d’instruction parisiens, accompagnés de policiers de la brigade financière et anticorruption et d’une greffière, ont été empêchés d’accéder aux locaux de la présidence de la République le mardi 14 avril, alors qu’ils entendaient procéder à une perquisition dans le cadre d’une enquête sur des marchés publics attribués à la société Shortcut Events.
La présidence de la République a opposé
"l’inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République"
, fondée sur l’article 67 de la Constitution relatif à l’immunité du chef de l’État, précise le Parquet national financier.
Les magistrats enquêtent notamment sur des soupçons de prise illégale d’intérêts, corruption et trafic d’influence liés à des contrats publics portant sur des cérémonies officielles au Panthéon.
Les marchés concernés auraient été attribués de manière récurrente sur une période de plus de vingt ans à la société Shortcut Events, notamment pour des cérémonies de panthéonisation dont le coût est estimé à environ 2 millions d’euros par événement, d’après ce même média.
La présidence de la République a invoqué une interprétation extensive de l’immunité présidentielle pour justifier le refus d’accès, une position contestée par plusieurs juristes et associations anticorruption.
Juliette Franquet, de Transparency France, estime que
"l’Élysée a eu une appréciation beaucoup trop large de l’immunité du président de la République"
. L’association Anticor dénonce également
"un dévoiement de l’immunité"
susceptible de bloquer des investigations portant sur des actes détachables des fonctions présidentielles, selon Médiapart.
L’ancien magistrat Éric Halphen a, de son côté, affirmé qu’
"aucun texte de loi ne dit qu’un juge ne peut pas entrer à l’Élysée"
, estimant que l’article 67 de la Constitution ne concerne pas les actes des collaborateurs ni l’accès aux locaux de la présidence.
L’enquête s’inscrit dans une procédure ouverte après des révélations sur des marchés publics liés à des cérémonies officielles, notamment des panthéonisations et événements d’État, attribués à la société Shortcut Events.