Bosnie: les victimes bosniaques s’opposent au transfert du génocidaire Ratko Mladic en Serbie

La rédaction avec
16:4025/04/2026, Cumartesi
MAJ: 25/04/2026, Cumartesi
AFP
Des associations bosniaques s’opposent au transfert en Serbie de Ratko Mladic, condamné pour génocide, invoquant justice et mémoire des victimes.
Crédit Photo : John MACDOUGALL / AFP
Des associations bosniaques s’opposent au transfert en Serbie de Ratko Mladic, condamné pour génocide, invoquant justice et mémoire des victimes.

Des associations de victimes bosniaques s’opposent fermement au transfert en Serbie de Ratko Mladic, condamné à perpétuité pour génocide. Elles dénoncent une éventuelle mise en liberté provisoire pour raisons médicales, estimant qu’elle constituerait une injustice et une atteinte à la crédibilité de la justice internationale. L’ancien chef militaire, âgé de 84 ans, est actuellement détenu à La Haye. Sa défense invoque un état de santé critique, tandis que les victimes rappellent son passé et les crimes commis, notamment le massacre de Srebrenica.

Plusieurs associations de victimes bosniaques de la guerre des années 1990 ont demandé samedi à la justice internationale de ne pas autoriser le transfert en Serbie de l’ancien chef militaire serbe bosnien Ratko Mladic, condamné pour génocide, afin d’y être soigné.


Dans une lettre adressée à la présidente du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), Graciela Gatti Santana, cinq organisations, dont les mères de Srebrenica, expriment leur opposition à une éventuelle mise en liberté provisoire.


"Pour les familles des victimes (...), une éventuelle sortie de Ratko Mladic en dehors du système de surveillance international constituerait une profonde injustice et un traumatisme supplémentaire"
, écrivent-elles.

Les signataires estiment également qu’un tel transfert
"serait perçu comme une humiliation pour les victimes et une atteinte à la crédibilité de la justice internationale".

Une demande de transfert pour raisons médicales


Âgé de 84 ans, Ratko Mladic purge actuellement une peine de prison à perpétuité dans le centre de détention de l’ONU à La Haye. Selon sa famille, son état de santé est
"dramatiquement mauvais"
après un accident vasculaire cérébral survenu le 10 avril.

Son avocat a officiellement demandé vendredi au MTPI d’autoriser une mise en liberté provisoire afin qu’il puisse être transféré dans un hôpital à Belgrade. Cette requête est soutenue par le gouvernement serbe.


Les associations de victimes rappellent toutefois que l’ancien général a échappé
"pendant des années à la justice avec justement le soutien des autorités de l’État vers lequel son transfert est demandé".

Un passé marqué par le génocide de Srebrenica


Ratko Mladic a été arrêté en Serbie en 2011 après seize ans de cavale. Il a été condamné en 2017 à la prison à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, une peine confirmée en appel en 2021.


Parmi les faits retenus contre lui figure le massacre de Srebrenica en juillet 1995, au cours duquel environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques ont été tués.


La guerre de Bosnie, qui s’est déroulée entre 1992 et 1995, a fait près de 100 000 morts et reste l’un des conflits les plus marquants en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.


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