Tariq Ramadan condamné à 18 ans de réclusion en son absence

La rédaction
22:5925/03/2026, Çarşamba
Yeni Şafak
Tariq Ramadan lors d'une conférence de presse à Paris, le 30 septembre 2025. Il a été consamné à une peine de 18 ans de prison.
Crédit Photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Tariq Ramadan lors d'une conférence de presse à Paris, le 30 septembre 2025. Il a été consamné à une peine de 18 ans de prison.

La cour criminelle départementale de Paris a rendu, ce mercredi 25 mars, un verdict lourd de conséquences dans une affaire suivie depuis plusieurs années. Tariq Ramadan a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour des faits de viol concernant trois femmes, à l’issue d’un procès tenu à huis clos et en son absence.

Ce jugement, prononcé par défaut, marque l’aboutissement d’une procédure judiciaire entamée dans le sillage des accusations révélées à partir de 2017.


Un procès sans l’accusé


Ouvert le 2 mars devant la cour présidée par Corinne Goetzmann, le procès s’est déroulé sans la présence de l’accusé, resté en Suisse pour raisons médicales.

Dès l’ouverture des débats, la défense avait sollicité un report, invoquant une hospitalisation liée à une aggravation de sa sclérose en plaques.
Une demande rejetée par la cour, malgré la transmission de certificats médicaux.
Les experts mandatés avaient estimé que l’accusé était en mesure de comparaître.
Face à ce refus, les avocats de Tariq Ramadan ont quitté l’audience, dénonçant une décision qu’ils jugeaient contestable.
Le procès s’est alors poursuivi sans représentation effective de la défense.

Des accusations couvrant plusieurs années


Les faits jugés portent sur trois affaires distinctes :


• un viol à Paris en 2012
• un viol aggravé à Lyon en 2009
• un autre viol présumé remontant à 2016

Parmi les plaignantes figure
Henda Ayari
, à l’origine de la première plainte publique. Depuis le début de la procédure, Tariq Ramadan conteste l’ensemble des accusations portées contre lui.

Une peine assortie de mesures complémentaires


Outre la condamnation à 18 ans de réclusion, la cour a prononcé :


• un suivi socio-judiciaire pendant huit ans
• une obligation de soins
• une interdiction définitive du territoire français

Un mandat d’arrêt a également été émis à son encontre.

L’état de santé au cœur des tensions


Selon des éléments consultés par Nouvelle Aube, des certificats médicaux récents font état d’une dégradation notable de l’état de santé de
Tariq Ramadan, aujourd’hui âgé de 63 ans
. Ces documents évoquent notamment une hospitalisation en psychiatrie pour un syndrome post-traumatique aigu, en plus de la sclérose en plaques dont il est atteint.

Ces éléments ont été transmis à la justice afin d’appuyer la demande de report du procès. La cour a toutefois décidé de ne pas en tenir compte, estimant que l’état de santé invoqué ne faisait pas obstacle à la tenue des audiences.

La veille du verdict, ses avocats ont indiqué qu’il avait été admis dans un établissement psychiatrique à Genève, en raison de troubles anxieux et dépressifs nécessitant une prise en charge sous surveillance.


Une procédure contestée


Le procès s’est tenu sous les réquisitions du procureur général Philippe Courroye, dont le parcours a été marqué par plusieurs controverses, notamment dans le cadre de l’affaire Bettencourt.

Dans ce contexte, la décision de juger l’accusé en son absence et de ne pas retenir les certificats médicaux produits par la défense continue de susciter des interrogations.


Quelles suites possibles ?


Pour contester cette décision, Tariq Ramadan devra comparaître en France. Une démarche qui implique un risque immédiat d’arrestation en raison du mandat d’arrêt en cours.

Une perspective qui, au regard de son état de santé actuel, soulève des préoccupations quant aux conditions dans lesquelles une éventuelle suite judiciaire pourrait se dérouler. Une peine aussi lourde n'a pas été constatée même pour des meurtres. Et ce verdict soulève des questions de partialité de la justice française.


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