
Le Forum mondial de la décolonisation 2026 s’est tenu au Centre culturel Atatürk à Istanbul sous le thème "Décoloniser la production et la circulation des savoirs". Chercheurs, journalistes et intellectuels internationaux y ont débattu des héritages coloniaux dans les médias, les technologies et les systèmes de production du savoir. Les échanges ont porté notamment sur le colonialisme algorithmique, les inégalités informationnelles et les nouvelles formes de domination culturelle dans un monde multipolaire.
Le Forum mondial de la décolonisation 2026 s’est tenu les 11 et 12 mai 2026, au Centre culturel Atatürk à Istanbul, réunissant universitaires, journalistes, chercheurs et experts venus de plusieurs régions du monde pour débattre des effets persistants du colonialisme sur les sociétés contemporaines. Organisé par l’Institute Social, l’événement s’est déroulé sous le thème "Décoloniser la production et la circulation des savoirs".
Pendant deux jours, les intervenants ont abordé les transformations politiques, technologiques et culturelles qui façonnent les équilibres mondiaux actuels. Les discussions ont porté notamment sur les inégalités dans les systèmes d’information, les héritages coloniaux dans les médias, les mutations technologiques et les nouvelles formes de domination intellectuelle dans un contexte international marqué par la montée d’un monde multipolaire.
Parmi les participants figuraient plusieurs personnalités internationales du monde académique et intellectuel, dont François Burgat, Walter Mignolo, Mireille Fanon-Mendès France, Lilian Thuram, Joseph Massad ou encore Kemal Sayar.
Le forum s’est intéressé à la manière dont les structures héritées de l’époque coloniale continuent d’influencer les systèmes politiques, économiques et culturels contemporains. Les intervenants ont également examiné les conséquences des transformations numériques et de l’intelligence artificielle sur la circulation du savoir et la production des récits mondiaux.
Colonialisme algorithmique et domination des récits
Au cœur des échanges figurait la question du colonialisme algorithmique, un concept utilisé pour décrire les déséquilibres de pouvoir dans la production et la diffusion des contenus numériques. Les participants ont notamment interrogé la domination des grandes plateformes technologiques occidentales dans l’organisation de l’information mondiale et dans la hiérarchisation des récits médiatiques.
Les débats ont également porté sur les inégalités d’accès à l’éducation, aux technologies et aux ressources culturelles, ainsi que sur les conséquences sociales et politiques des transformations numériques rapides observées ces dernières années.
Dans plusieurs interventions, les experts ont souligné que la mondialisation présentée comme un modèle de progrès universel avait également contribué à reproduire certaines formes de domination économique, culturelle et intellectuelle héritées de l’histoire coloniale.
Le forum a par ailleurs offert une plateforme à des chercheurs et intellectuels issus du Sud global afin de favoriser des approches alternatives dans la production des savoirs et dans les échanges académiques internationaux.
Istanbul comme espace de dialogue international
En accueillant cet événement international, la Türkiye a également cherché à renforcer son rôle de plateforme de dialogue entre différentes traditions intellectuelles et différentes régions du monde. Le choix d’Istanbul comme ville hôte a illustré la volonté des organisateurs de créer un espace d’échange entre chercheurs, journalistes et acteurs institutionnels autour des enjeux liés aux transformations globales contemporaines.
Plusieurs institutions universitaires et centres de recherche internationaux ont participé au forum, parmi lesquels Al Jazeera Centre for Studies, Fudan University, University of Leeds et CLACSO.
Les organisateurs ont présenté cette rencontre comme la première étape d’un programme de réflexion plus large devant se poursuivre jusqu’en 2030 à travers des publications académiques, des conférences et des productions médiatiques consacrées aux enjeux de la décolonisation contemporaine.









