À Yaoundé, le Mbôl au service de l’entrepreneuriat féminin

La rédaction
16:2828/08/2025, Perşembe
Yeni Şafak
Crédit Vidéo : Franck Péraise Mballa / Nouvelle Aube
À Yaoundé, le Musée National a accueilli une semaine dédiée au Mbôl, plat emblématique de l’Est Cameroun. Entre tradition culinaire et entrepreneuriat féminin, l’événement a mis en lumière le rôle de la gastronomie comme levier économique pour les femmes.

Durant une semaine, le Musée National de Yaoundé s ’est transformé en un véritable carrefour gastronomique. Les saveurs de l’Est Cameroun s’y sont invitées à travers une rencontre culinaire consacrée au Mbôl, mets traditionnel emblématique de la région. Plus qu’une simple dégustation, l’événement avait aussi pour but de promouvoir l’entrepreneuriat féminin autour du thème : “Mbôl: Pour une culture de l’entrepreneuriat féminin”.

Dans les jardins du Musée National, sous le regard attentif des visiteurs, une femme tourne le Mbôl à pleine main avec énergie, comme l’exige la tradition culinaire de l’Est.


Tout près, d’énormes marmites posées sur le feu débordent presque. La sauce onctueuse se mélange à de gros morceaux de viande et l’odeur se répand rapidement dans la cour, ouvrant l’appétit des visiteurs.


Rolande AgongMiessao, promotrice de l’événement, explique :
"Le Mbôl, c’est le plat phare de la région de l’Est Cameroun. C’est une sauce gluante dans laquelle se retrouvent une multitude d’ingrédients et qu’on accompagne uniquement de couscous, soit de manioc, soit de maïs"
.

Juste à côté, une autre marmite de Mbôl mijote doucement, laissant apparaître des morceaux de viande et des légumes variés, notamment des aubergines qui remontent à la surface.


À quelques pas de là, les premiers bols fumants sont déjà servis aux convives installés sous une tente aménagée en restaurant traditionnel. Chacun savoure ce mets identitaire de l’Est Cameroun, dans une ambiance mêlant effluves d’épices et chaleur conviviale.


Pour les participants, le Mbôl dépasse le simple cadre gustatif. Adrielle, l’une des nombreuses visiteuses, confie :
"Le Mbôl, c’est d’abord très bon pour nettoyer le ventre. Il a un goût particulier et il est toujours très bien accompagné […] la viande, le poisson fumé qui vient du Nyon […), c’est un délice !"

Mais derrière cette vitrine culinaire, le message se veut aussi social et économique. En mettant à l’honneur ce plat typique, les organisateurs rappellent que la cuisine peut devenir une véritable opportunité pour les femmes de l’Est, souvent confrontées au chômage.

"La femme de l’Est est une excellente cuisinière, et c'est peu de le dire. Mais paradoxalement, elles sont très nombreuses à ne pas avoir d’emploi. Nous avons pensé qu’au travers d’une initiative comme celle-ci, nous pouvions leur permettre de trouver des sources de revenus en les encourageant à ouvrir ou lancer des activités"
, souligne encore Rolande Agong Miessao.

Pour les organisateurs, le Mbôl ne doit pas seulement rester un symbole identitaire, mais aussi devenir un tremplin économique pour les femmes qui le préservent et le réinventent chaque jour.


Par
Franck Péraise Mballa

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