Afro-Palestiniens: Résistance au racisme et à l'occupation

La rédaction
15:5522/01/2026, jeudi
Yeni Şafak

Dans les ruelles de Jérusalem, une communauté oubliée affronte une double oppression : l’occupation israélienne et les insultes raciales. Découvrez l’histoire résiliente des Afro-Palestiniens, descendants d’Africains installés depuis des siècles en Palestine.

Jamal, 28 ans, à Silwan:
"Les soldats nous appellent 'singes'. Mais ma maison, c’est Jérusalem."

Ils subissent les insultes, l’humiliation, le déni quotidien. Pourtant, ce peuple résiste, ancré dans le sol palestinien depuis des générations. Les Afro-Palestiniens, cette minorité noire en Palestine, incarnent une diversité méconnue, souvent absente des médias.


Descendants de pèlerins soudanais, de gardiens tchadiens des lieux saints ou de soldats sénégalais venus à Jérusalem, leur peau noire s’est tissée dans le tissu palestinien. Ils ne sont pas
"à côté"
de la Palestine: ils sont la Palestine, dans toute sa richesse plurielle.

Une double oppression: occupation et racisme systémique


Comme tous les Palestiniens, les Afro-Palestiniens endurent la violence de l’occupation israélienne: checkpoints interminables, arrestations arbitraires, incursions militaires, destructions de maisons, bombardements et deuil incessant. Mais une oppression plus insidieuse s’ajoute : le racisme des soldats, qui les réduit à leur couleur de peau.


Dans les quartiers de Bab al-Magharbeh ou la Vieille Ville de Jérusalem, leurs communautés soudées apprennent dès l’enfance à vivre sous surveillance.
"Les soldats nous traitent de 'singes' ou 'esclaves', et nous mettent dans des files séparées sans raison"
, témoigne Jamal, 28 ans, habitant de Silwan.

"Une fois, ils m’ont forcé à enlever mon hijab devant tout le monde, en riant de ma 'peau de chamelle'. C’était pour nous briser."

Aisha, libérée en 2023 après l’Intifada des couteaux, ajoute:
"En prison israélienne, les gardes disaient : 'Vous les Noirs, rentrez en Afrique.' Mais ma maison, c’est la Palestine."

Ces humiliations raciales s’ajoutent aux tortures ordinaires, transformant leur identité noire en cible supplémentaire.


Racines africaines et fierté palestinienne


Les Afro-Palestiniens portent une mémoire vivante: ancêtres protecteurs de la mosquée Al-Aqsa, parents résistants lors des Intifadas, jeunes filmant les abus caméra en main.
"Résister, c’est exister"
, lance Omar, 35 ans, activiste aux origines soudanaises.

"Ma grand-mère gardait Al-Aqsa ; mon père a été emprisonné deux fois. Moi, je documente tout pour que le monde sache."

Omar: "On ne nous effacera pas. Nous sommes Palestiniens et noirs."


Leur simple présence défie un système qui les marginalise. Traditions, chants, prières et rassemblements communautaires nourrissent leur fierté: fierté d’être noirs, Palestiniens, liés à une terre où Afrique et Palestine se tressent.


Une Palestine plurielle, résiliente et oubliée


Peu de médias relatent cette lutte des Afro-Palestiniens, pourtant essentielle à une vision inclusive de la Palestine. Le racisme tente de diviser, mais ils affirment:
"Nous sommes ici. Nous n’abandonnerons pas."
Génération après génération, ils se relèvent, caméra au poing, pour graver leur histoire.

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