
François Burgat, directeur de recherche émérite au CNRS et spécialiste de l'islam politique, s'est exprimé pour Nouvelle Aube sur le controversé sondage Ifop concernant la pratique de l'islam en France. Le chercheur dénonce une instrumentalisation politique manifeste, pointant du doigt les biais techniques introduits par les commanditaires et le rôle problématique des Émirats arabes unis dans la promotion de l'islamophobie en Europe. Il appelle à ne pas sur-réagir aux résultats, expliquant que l'attachement accru des musulmans à leur foi constitue une réponse légitime face à l'islamophobie ambiante en France.
François Burgat dénonce l'instrumentalisation du sondage Ifop sur l'islam en France
Dans un entretien accordé à Nouvelle Aube, François Burgat, directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), livre une analyse percutante du récent sondage Ifop sur la pratique de l'islam en France. Le spécialiste reconnu de l'islam politique dénonce fermement ce qu'il qualifie d'instrumentalisation politique majeure.
Un sondage instrumentalisé à des fins politiques
L'expert identifie trois dimensions problématiques majeures dans cette affaire. Premièrement, il met en lumière les biais techniques délibérément introduits par les commanditaires du sondage. Deuxièmement, et de manière encore plus préoccupante selon lui, il dénonce le positionnement du directeur de l'institut qui manifeste un soutien actif à la politique israélienne actuelle.
Sondage Ifop: Le rôle trouble des Émirats arabes unis
Une expérience antérieure avec les "Qatar Papers"
Une réaction légitime face à l'islamophobie ambiante
Le spécialiste adopte néanmoins une position nuancée concernant les résultats mêmes du sondage. Il met en garde contre une sur-réaction au contenu de l'enquête et refuse de nier la réalité selon laquelle l'atmosphère islamophobe en France conduit logiquement une partie significative des musulmans à s'accrocher davantage à leur appartenance culturelle et religieuse.
Cette analyse offre un éclairage crucial sur les mécanismes de manipulation de l'opinion publique et rappelle l'importance de maintenir une approche critique face aux sondages présentés comme objectifs, particulièrement lorsqu'ils concernent des communautés déjà stigmatisées.










