Glencore/Rio Tinto: les enjeux d'un projet de méga-fusion dans le secteur minier

16:044/02/2026, mercredi
AFP
Rio Tinto négocie le rachat de Glencore pour créer un géant minier mondial, sur fond de flambée des prix du cuivre et de consolidation du secteur.
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Rio Tinto négocie le rachat de Glencore pour créer un géant minier mondial, sur fond de flambée des prix du cuivre et de consolidation du secteur.

Le géant minier anglo-australien Rio Tinto est en négociations pour racheter son concurrent suisse Glencore et donner naissance au plus grand groupe du secteur, sur fond d’envolée des prix du cuivre.

Reprise de pourparlers


Glencore, basé en Suisse mais coté à Londres, est actif dans le cuivre, le nickel, le cobalt ou encore le charbon. C’est aussi un poids lourd du négoce de matières premières. Rio Tinto, coté à Londres et à Sydney, extrait du minerai de fer, du cuivre, de l’aluminium ou encore du lithium.

De précédentes discussions pour un rapprochement avaient échoué il y a un an en raison de divergences entre les deux géants.


La reprise des pourparlers a été rendue publique début janvier : un éventuel rapprochement se ferait via un rachat par Rio Tinto, qui a jusqu’au 5 février pour proposer une offre d’acquisition.

L’agence Bloomberg, citant des sources proches du dossier, rapporte que cette date butoir sera probablement repoussée en raison d’âpres discussions sur les termes financiers.


Naissance d’un mastodonte


Un rapprochement Glencore/Rio Tinto, sous la forme éventuelle d’une fusion entièrement en actions, ferait émerger une entreprise valorisée à 260 milliards de dollars.


Ce serait
"un leader mondial du minerai de fer et des métaux de transition (cuivre, cobalt, lithium) (...). La diversité des actifs et les synergies potentielles offrent une protection contre les fluctuations des prix"
, souligne Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Ce projet intervient sur fond de consolidation du secteur minier. En novembre, le géant australien BHP a renoncé à son projet de rachat du britannique Anglo American, qui aurait créé le numéro un du cuivre.

Anglo American est toutefois en passe d’obtenir le feu vert de l’Union européenne pour fusionner avec le canadien Teck Resources.


Espoir de synergies


Une fusion permettrait
"peut-être une production à moindre coût s’il y a des doublons"
, observe Bernard Dahdah, analyste chez Natixis.

Alors que l’extraction minière devient plus difficile, avec des teneurs de minerai plus faibles et des exploitations plus profondes,
"les coûts sont de plus en plus élevés"
, affirme-t-il à l’AFP. Le délai moyen pour construire une mine est passé, selon Natixis, de 13 ans en 2005-2009 à 18 ans aujourd’hui.

Selon lui,
"une entreprise géante serait peut-être mieux placée"
pour faire face aux besoins d’investissement colossaux et répondre à l’explosion de la demande de métaux, notamment de cuivre, dopée par la transition énergétique, l’industrie de défense et l’intelligence artificielle.

Cuivre dans le viseur


Alors que le cours du cuivre bat des records, Rio Tinto lorgne les importantes ressources en métal rouge exploitées par Glencore.


"À l’heure où les sociétés minières s’efforcent d’accroître leur offre de cuivre, la position dominante de Rio Tinto dans le minerai de fer rend cette transition plus difficile"
, explique Alon Olsha, analyste chez Bloomberg Intelligence.

Si la production de cuivre de Rio Tinto a progressé de 5 % au dernier trimestre grâce à l’expansion des opérations d’Oyu Tolgoi en Mongolie, ce métal ne représente encore qu’un quart de ses bénéfices.

"Glencore apporterait des options à moyen et long terme"
, relève Alon Olsha.

Glencore a présenté en décembre des plans visant à quasi doubler sa production de cuivre à 1,6 million de tonnes par an d’ici 2035, notamment avec le redémarrage de la mine d’Alumbrera en Argentine.

Charbon en question


Alors que Rio Tinto ou Anglo American se désengagent du charbon, Glencore défend fermement sa décision de conserver ses mines pour des raisons de trésorerie, au prix de critiques d’ONG environnementales et d’investisseurs.


Ce point pourrait constituer un facteur de discorde.


"La manière dont les activités de Glencore dans le charbon et le négoce s’intègrent au modèle économique de Rio Tinto et à sa volonté d’améliorer ses performances en matière de développement durable demeure une question essentielle"
, insiste Derren Nathan.

Selon le cabinet CreditSights, un scénario probable serait que Rio Tinto acquière Glencore
"dans son intégralité"
, avant de céder ultérieurement la branche charbon.

"Clivage culturel" ?


"Rio Tinto est considéré comme une entreprise conservatrice et axée sur la stabilité. Glencore est connu pour son approche agressive et sa volonté constante de repousser les limites"
, notamment dans ses batailles pour racheter des actifs, ajoute CreditSights.

"Ce clivage culturel pourrait poser des défis en matière d’intégration et de prise de décision."

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