Israël: la Cour suprême ordonne à l'Etat de sanctionner les déserteurs ultra-orthodoxes

La rédaction avec
17:1526/04/2026, dimanche
AFP
La Cour suprême israélienne impose des sanctions financières aux ultra-orthodoxes refusant la conscription, exposant les tensions politiques en Israël.
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La Cour suprême israélienne impose des sanctions financières aux ultra-orthodoxes refusant la conscription, exposant les tensions politiques en Israël.

La Cour suprême israélienne a ordonné l’imposition de sanctions financières contre les juifs ultra-orthodoxes refusant la conscription. Cette décision met en lumière les tensions entre justice et gouvernement, dirigé par Benjamin Netanyahu, accusé de protéger ses alliés religieux. Alors que des milliers de soldats sont mobilisés, notamment à Gaza et au Liban, l’exemption dont bénéficient les étudiants des yeshivot est de plus en plus contestée. La mesure vise à supprimer certains avantages économiques pour contraindre leur enrôlement, accentuant les divisions internes en Israël.

La Cour suprême israélienne a ordonné dimanche à l’État d’imposer des sanctions financières aux juifs ultra-orthodoxes refusant le service militaire obligatoire. Cette décision relance les tensions internes en Israël, sur fond de guerre et de crise politique.


Dans son arrêt, la juridiction estime que
"en l’absence de mesures concrètes indiquant une volonté d’agir pour faire respecter l’obligation de conscription (...) il n’y a d’autre choix que d’ordonner des mesures opérationnelles"
. Elle insiste sur l’application directe de la loi face à l’inaction du gouvernement.

Crise politique autour de la conscription en Israël


Le gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu est accusé de bloquer toute réforme réelle. Dépendant de ses alliés ultra-orthodoxes pour se maintenir au pouvoir, il a retardé un projet visant à intégrer ces populations dans l’armée.


À la place, un texte controversé, qualifié par ses opposants de
"loi de désertion",
vise à maintenir les exemptions. Cette stratégie divise profondément la société israélienne, alors que des dizaines de milliers de soldats restent mobilisés, notamment dans la bande de Gaza et face au Hezbollah au Liban.

Des sanctions économiques pour forcer l’enrôlement


La Cour exige la suppression de nombreux avantages financiers accordés aux ultra-orthodoxes. Sont notamment visés les allègements fiscaux, les aides aux transports publics et les subventions pour les crèches.


Le juge Noam Solberg a précisé qu’il ne s’agissait pas de
"sanctions"
mais de
"pertes d’avantages"
. Il souligne que
"la promotion du service militaire constitue un objectif général légitime".

Dans les faits, des dizaines de milliers d’étudiants des yeshivot continuent de refuser l’enrôlement. Malgré leur convocation automatique, ils échappaient jusqu’ici aux sanctions prévues par la loi.


Une fracture croissante au sein de la société israélienne


Le chef du parti Shass, Arié Dery, a dénoncé
"une atteinte grave (...) aux fondements mêmes de l’existence du peuple juif en Israël"
. Il a qualifié ces mesures d’
"injustice impardonnable".

Depuis 1948, les juifs ultra-orthodoxes bénéficient d’une exemption militaire de facto, à condition d’étudier à plein temps dans des institutions religieuses. Mais cette exception est de plus en plus contestée.


Ils représentent environ 14 % de la population juive et près de 66 000 hommes en âge de servir. Leur refus de participer à l’effort militaire alimente les critiques, dans un contexte où l’armée israélienne est engagée sur plusieurs fronts.


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