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Un rassemblement s’est tenu devant le Tribunal administratif de Paris pour soutenir Majdouline B., infirmière de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP), le 18 février 2026.
Un rassemblement s’est tenu devant le Tribunal administratif de Paris pour soutenir Majdouline B., infirmière de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) suspendue huit mois après avoir porté un calot médical couvrant ses cheveux.
Les participants, dont plusieurs ont répondu à Anadolu, dénoncent une sanction qu’ils considèrent injustifiée et symbolique d’une forme de discrimination ciblant des soignantes perçues comme musulmanes.
La députée Sandrine Rousseau a déclaré à Anadolu avoir
"l’impression qu’il y a une chasse (…) une chasse aux musulmanes"
. Elle a jugé
que la direction de l’hôpital s’acharne sur un couvre-chef professionnel alors que
"l’hôpital public ne va pas très bien"
et manque de personnel.
Pour sa part, Blandine Chauvel, élue du personnel Sud Santé, a estimé que la sanction représente
, rappelant que
"c’est vraiment pour les cas les plus graves que les collègues sont sanctionnés de 8 mois d’exclusion"
. Elle a affirmé qu’
"il y a des pressions, (…) sanctions, (…) menaces"
visant d’autres soignantes portant des couvre-chefs.
"Manquement à la laïcité"
Hélène Cavat, membre du NPA Révolutionnaires et maîtresse de conférences en droit du travail, a indiqué à Anadolu qu’
"il n’y a aucune manifestation religieuse qui puisse permettre de caractériser un manquement à la laïcité ou au principe de neutralité des agents de la fonction publique"
. Elle a critiqué l’argument de l’AP-HP, qu’elle qualifie de
fondée sur une confession ou une origine supposée.
Les soutiens contestent l’argument selon lequel le port continu du calot, y compris en dehors des soins, pourrait être interprété comme un signe religieux et contraire à la neutralité. Ils demandent sa réintégration, soulignant l’attente de ses collègues et de ses patients.
Au-delà du cas individuel, l’affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’inquiétudes autour de l’islamophobie en France.
66 % des musulmans déclarent avoir été victimes de racisme
Selon une enquête de l’Observatoire des discriminations envers les musulmans de France publiée en 2025, 66 % des musulmans déclarent avoir été victimes de racisme ces cinq dernières années ; deux tiers des femmes musulmanes portant le voile craignent d’être discriminées en raison de leur apparence.
Par ailleurs, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) a documenté 1 037 faits islamophobes en 2024, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2023, incluant discriminations, propos haineux et violences physiques.
Ces chiffres alimentent les débats sur la manière dont la laïcité et la neutralité sont appliquées dans les institutions publiques, certains observateurs estimant que les femmes perçues comme musulmanes sont particulièrement affectées. La décision du tribunal administratif est attendue prochainement et pourrait relancer le débat national sur ces questions sensibles.
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