Rifaat al‑Assad, ancien vice‑président syrien et "boucher de Hama", est mort à 88 ans

La rédaction avec
16:1921/01/2026, mercredi
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Une capture d'écran montre une photo de Rifaat al-Assad, le frère exilé du défunt président syrien Hafez al-Assad, telle qu'elle est apparue le 12 juin 2000 sur la chaîne de télévision Arab News Network (ANN) basée à Londres, qui appartient à son fils Sumer.
Crédit Photo : ARAB NEWS NETWORK / AFP
Une capture d'écran montre une photo de Rifaat al-Assad, le frère exilé du défunt président syrien Hafez al-Assad, telle qu'elle est apparue le 12 juin 2000 sur la chaîne de télévision Arab News Network (ANN) basée à Londres, qui appartient à son fils Sumer.

Rifaat al-Assad, ancien vice-président syrien et oncle de l’ex-président Bachar al-Assad, est décédé à l’âge de 88 ans aux Émirats arabes unis.

Né le 22 août 1937 à Qardaha, en Syrie, il a occupé des fonctions militaires et politiques de premier plan sous le régime de son frère, l’ancien président Hafez al-Assad.

Il a notamment dirigé les Forces de défense, une unité d’élite de l’armée syrienne. Personnage longtemps controversé, Rifaat al-Assad reste associé à la répression de l’insurrection de Hama en 1982, qui a causé la mort de milliers de personnes et lui a valu le surnom de "boucher de Hama".

Après une tentative de coup d’État avortée contre son frère en 1984, il a vécu en exil durant plusieurs décennies, principalement en Europe, avant de rentrer en Syrie en 2021.

Sur le plan judiciaire, Rifaat al-Assad avait été condamné en France dans l’affaire dite des "biens mal acquis". Il avait été reconnu coupable en appel de blanchiment en bande organisée lié au détournement de fonds publics syriens, avec la confiscation d’un patrimoine estimé à environ 90 millions d’euros, selon le quotidien français Le Monde. Sa peine s’élevait à quatre ans de prison avec sursis.

En mars 2024, les autorités suisses avaient annoncé l’ouverture de poursuites à son encontre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dans le cadre d’une enquête fondée sur le principe de la compétence universelle.

Les accusations concernaient notamment les événements de février 1982 à Hama, période durant laquelle il commandait les Forces de défense syriennes, et incluaient des faits de meurtres, de torture et de détentions illégales, selon l’organisation TRIAL International et le procureur général suisse.

La disparition de Rifaat al-Assad met ainsi un terme à un parcours marqué à la fois par un rôle central au sein du régime syrien et par de longues décennies de controverses politiques, judiciaires et historiques.


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