
L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin assiste à une cérémonie en hommage à Simone Veil, femme politique française et survivante de l'Holocauste, dans la cour des Invalides à Paris, le 5 juillet 2017. À moins de deux ans de l'élection présidentielle, Dominique de Villepin a annoncé le 23 juin 2025 la création de son propre parti, baptisé La France humaniste, dont il sera le président d'honneur.
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a dressé, dans un entretien accordé à l'édition hebdomadaire La Tribune Dimanche et publié ce dimanche, un constat sévère de la situation politique française, tout en livrant une analyse critique de la crise au Moyen-Orient et de la politique migratoire.
"Personne ne gouverne" en France
"Personne ne gouverne" en France
Sur la situation intérieure, Dominique de Villepin estime que la France traverse une phase de vacance du pouvoir politique.
"Aujourd’hui, personne ne gouverne",
affirme-t-il, dénonçant un
"sentiment de toute-puissance élyséenne"
qui aurait, selon lui, faussé le jeu démocratique. Il pointe la gestion de l’après-dissolution et le non-respect des équilibres institutionnels, estimant que le bloc de gauche, arrivé en tête, aurait dû être chargé en premier de tenter de constituer une majorité.
Pour l’ancien Premier ministre, le paysage politique est désormais marqué par une désagrégation du macronisme, sans dynamique claire à quinze mois de la présidentielle de 2027.
"Tout flotte",
résume-t-il, appelant à un temps de bilan plutôt qu’à une course prématurée aux soutiens et aux chiffres.
Un Moyen-Orient sans solution politique
Un Moyen-Orient sans solution politique
Interrogé sur les accusations d’antisémitisme dont il a fait l’objet, Dominique de Villepin les rejette fermement, rappelant que l’Arcom et le Conseil de déontologie des journalistes ont mis en demeure ceux qui lui ont attribué des propos qu’il n’a jamais tenus. Il réaffirme que l’antisémitisme est
"à l’antipode"
de sa conception de l’humanisme.
Sur le fond, il décrit la situation à Gaza comme
"un drame effrayant",
imputant l’impasse actuelle à la volonté du gouvernement de Benjamin Netanyahou de s’affranchir du droit international. « On bombarde et on voit », déplore-t-il, estimant qu’aucun problème fondamental n’est réglé au Moyen-Orient, ni à Gaza, ni en Iran, où il dénonce une répression d’une
"cruauté inouïe"
. Il critique également l’absence de processus de paix et de perspective d’État palestinien, fustigeant des projets qu’il juge irréalistes et contraires au multilatéralisme.
Immigration : "Pas besoin d’une énième loi"
Immigration : "Pas besoin d’une énième loi"
Sur la question migratoire, Dominique de Villepin se montre critique à l’égard des réponses législatives successives.
"En France, on n’a pas besoin d’une énième loi sur l’immigration",
tranche-t-il. Il appelle plutôt à un rétablissement de l’État, dans le respect strict du cadre républicain.
S’il se dit favorable à la fermeté en matière de délinquance et à la clarté sur l’immigration clandestine, il met en garde contre les
"fausses promesses"
et les discours simplificateurs. Citant l’exemple italien, il rappelle que le gouvernement de Giorgia Meloni a abouti à la régularisation de centaines de milliers de personnes, soulignant les contradictions entre les discours politiques et la réalité des politiques publiques.
S'il n'est pas officiellement candidat pour la prochaine présidentielle, Dominique de Villepin se dit déterminé à
"participer au combat de 2027"
et inscrit ses priorités autour de l’ordre républicain, de la justice sociale et de l’ambition économique, tout en appelant à une reconstruction politique fondée sur la crédibilité et la responsabilité.
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