
Après le scandale Pegasus développé par NSO Group, une nouvelle entreprise israélienne, Bold Analytics, s’impose sur le marché africain de la cybersurveillance. Officiellement spécialisée dans l’analyse de données, la société proposerait des outils capables de cartographier des réseaux et d’accéder à des communications mobiles. Journalistes et opposants figureraient parmi les cibles potentielles. Cette évolution relance le débat sur la souveraineté numérique des États africains, la dépendance technologique et la protection des données sensibles dans un contexte de compétition géopolitique mondiale.
NSO Group et le précédent Pegasus en Afrique
Parmi ses capacités :
- Accès aux messages et appels
- Activation du micro et de la caméra
- Géolocalisation en temps réel
- Extraction de données chiffrées
Bold Analytics: la nouvelle génération de surveillance
Bold Analytics se présente comme une société spécialisée dans l’analyse avancée de données. Selon plusieurs sources sécuritaires, elle commercialise des solutions capables de cartographier des réseaux relationnels et d’exploiter des métadonnées à grande échelle.
Robin: cartographie des réseaux
Ce logiciel analyserait les connexions téléphoniques afin d’identifier :
- Les relations entre individus
- Les fréquences d’échange
- Les structures d’influence
L’objectif affiché est l’analyse prédictive. Mais des ONG alertent sur les risques de profilage politique massif.
Toucan: surveillance à distance
Toucan permettrait l’accès à distance à certaines données d’appareils mobiles. Les démonstrations seraient réalisées auprès de services de sécurité. Les détails techniques restent confidentiels.
Surveillance numérique et souveraineté africaine
La question centrale dépasse la technologie. Elle touche à la souveraineté des États africains et à la protection des données sensibles.
Les logiciels de cybersurveillance reposent souvent sur des mises à jour et des infrastructures contrôlées par leurs fournisseurs. Cette dépendance technique interroge sur le contrôle réel des données collectées.
Des experts en cybersécurité estiment que la maîtrise des infrastructures numériques constitue désormais un enjeu stratégique majeur. Les communications, les métadonnées et les systèmes d’information sont devenus des leviers de pouvoir.
Une nouvelle géopolitique des données
La surveillance numérique s’inscrit dans une compétition mondiale pour le contrôle des flux d’information. Les États investissent massivement dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité.
En Afrique, où la transformation numérique s’accélère, la question du choix des partenaires technologiques devient cruciale. La régulation, la transparence contractuelle et la protection des libertés publiques sont au cœur des débats.
La colonisation numérique ne passe plus par des frontières visibles. Elle circule par les câbles, les serveurs et les algorithmes. Reste à savoir si les États africains pourront développer des alternatives souveraines face à ces technologies importées.











