Accusations de désinformation : plus de 150 ex-diplomates mettent en cause le chef de la diplomatie française

La rédaction avec
18:0119/02/2026, jeudi
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Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias après avoir assisté au Sommet sur l'impact de l'IA à New Delhi, le 19 février 2026.
Crédit Photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux médias après avoir assisté au Sommet sur l'impact de l'IA à New Delhi, le 19 février 2026.

Plus de 150 anciens diplomates, ministres et ambassadeurs ont accusé le chef de la diplomatie française de désinformation dans un communiqué conjoint, appelant à des mesures correctives immédiates.

Une coalition internationale rassemblant d’anciens ministres, ambassadeurs, diplomates, parlementaires et hautes personnalités publiques affirme que le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a relayé publiquement des propos
"numériquement falsifiés"
attribués à la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese.
Selon la coalition, ces éléments inexacts auraient été utilisés pour discréditer une titulaire d’un mandat indépendant de l’ONU. Elle estime que
"le recours à des informations manipulées porte atteinte à l’intégrité des institutions internationales",
et avertit que de telles pratiques
"minent la confiance dans le droit international et affaiblissent les principes de responsabilité et de transparence qui fondent la diplomatie multilatérale"
.

La rapporteuse onusienne n’avait jamais qualifié Israël d’"ennemi commun de l'humanité"

Pour rappel, le 11 février 2026, Jean-Noël Barrot a attribué à Mme Albanese des propos présentés comme issus de son intervention au Forum des médias d’Al Jazeera, tenu le 7 février 2026, allant jusqu’à appeler publiquement à sa démission.

Toutefois, une vérification indépendante des faits menée par le programme "Truth or Fake" de France 24 a établi que la rapporteuse onusienne n’avait jamais qualifié Israël d’
"ennemi commun de l’humanité"
, contrairement aux affirmations relayées.
Dans ce contexte, Francesca Albanese a rappelé un principe central du droit international, soulignant que
"l’imputabilité des violations graves du droit international constitue une obligation juridique, non un choix politique"
, et que
"les responsables doivent être poursuivis"
.

Barrot persiste

Allant plus loin, la rapporteuse a mis en garde contre les conséquences de l’inaction. Elle a averti que
"le défaut d’application de cette responsabilité favorise l’impunité, mine la crédibilité des protections juridiques internationales et compromet les instruments fondamentaux du droit international"
, citant notamment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Jean-Noël Barrot a maintenu mercredi, devant l'Assemblée nationale, sa demande de démission de la Rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese, rejetant tout appel à une rectification de propos jugés inexacts.
Interpellé lors des questions au gouvernement par la députée LFI Andrée Taurinya, qui dénonçait une
"déformation"
des déclarations de la Rapporteuse spéciale, le chef de la diplomatie a défendu sa position exprimée le 11 février.
"Les fake news, ça suffit. Je n’ai ni déformé, ni tronqué les propos de Madame Albanese"
, a répondu Barrot dans l’hémicycle.
"Je les ai tout simplement condamnés parce qu’ils sont condamnables".

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