Le 7ᵉ Sommet Afrique-UE et la Türkiye

17:4028/11/2025, Cuma
MAJ: 28/11/2025, Cuma
Ömer Faruk Doğan

Lancé les 17-18 février 2022 à Bruxelles, le sommet UE-Afrique s’est de nouveau réuni, après près de quatre ans d’interruption, les 24-25 novembre 2025 à Luanda, capitale de l’Angola, sous la coprésidence du président de l’Union africaine et chef de l’État angolais, J. Manuel Gonçalves Lourenço, et du président de l’UE, Antonio Costa. Le 7ᵉ sommet, qui coïncidait avec le 25ᵉ anniversaire du premier sommet UE-Union africaine organisé au Caire en 2000, a également vu la participation de la présidente

Lancé les 17-18 février 2022 à Bruxelles, le sommet UE-Afrique s’est de nouveau réuni, après près de quatre ans d’interruption, les 24-25 novembre 2025 à Luanda, capitale de l’Angola, sous la coprésidence du président de l’Union africaine et chef de l’État angolais, J. Manuel Gonçalves Lourenço, et du président de l’UE, Antonio Costa.


Le 7ᵉ sommet, qui coïncidait avec le 25ᵉ anniversaire du premier sommet UE-Union africaine organisé au Caire en 2000, a également vu la participation de la présidente de la Commission de l’Union africaine et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.


Faisant référence à la troisième réunion conjointe du Conseil des ministres UE–Union africaine, tenue à Bruxelles le 21 mai 2025, et au document de la Vision commune 2030, ainsi qu’aux avancées réalisées dans ce cadre, le 7ᵉ sommet a abouti à la publication d’un large communiqué conjoint.


Dans ce cadre, le communiqué conjoint publié souligne la poursuite et le renforcement d’un partenariat stratégique unique dont la portée, la signification et l’importance politique ne cessent de s’approfondir, et qui se reflète également dans les relations institutionnelles, commerciales, d’investissement et sociales exceptionnellement fortes entre les deux continents.


Dans ce cadre, le communiqué conjoint publié prévoit:


  • La poursuite et le renforcement d’un partenariat stratégique unique, dont la portée et l’importance politique ne cessent de croître, se reflètent aussi dans des relations institutionnelles, commerciales, d’investissement et sociales exceptionnellement solides entre les deux continents.

  • La poursuite de l’apport direct et du soutien de l’UE aux priorités de développement de l’Afrique, dans le cadre de l’agenda de projection de l’Union africaine 2063.

  • Le rappel, avec référence à l’engagement mutuel à respecter les règles et principes de la Charte des Nations unies, y compris la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique, de l’obligation pour tous les États de s’abstenir de toute menace ou usage de la force dans leurs relations internationales de manière non négociable et sans compromis.

  • Le soutien indéfectible à une paix juste, globale et durable en Palestine occupée et en Ukraine, conformément à ces règles et principes.

  • La déclaration d’une volonté commune de mettre fin au plus vite aux conflits au Soudan, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, dans le Sahel, en Somalie et à d’autres guerres et conflits dans le monde.

  • La construction d’un avenir prospère et durable pour l’Afrique et l’Europe.

  • La promotion des investissements et l’amélioration de l’environnement des affaires à travers des efforts communs utilisant des fonds publics et privés, dans le cadre d’un développement durable partagé.

  • Le maintien du soutien au développement, à l’industrialisation, à la diversification des exportations et à l’intégration des pays africains dans les marchés régionaux.

  • L’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le renforcement de la capacité des industries locales à accéder aux marchés régionaux et mondiaux, et la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales dans les secteurs des minéraux stratégiques et critiques.

  • Le maintien de canaux de dialogue ouverts, transparents et inclusifs pour faciliter le commerce, y compris sur les mesures environnementales liées au commerce.

  • La coopération pour la décarbonisation des pays africains et la gestion durable des ressources naturelles.

  • La poursuite des efforts de lutte contre le changement climatique et de promotion de la durabilité environnementale, ainsi que la coopération pour surmonter ensemble les défis liés à la gestion durable des exportations, y compris celles fondées sur les ressources naturelles et la biodiversité, entre l’UE, l’Afrique et les exportateurs africains.

  • La déclaration d’une position commune selon laquelle l’incertitude croissante dans les politiques commerciales et les fluctuations tarifaires mondiales constituent un défi pour l’économie mondiale.

  • Le soutien aux efforts financiers déployés par les pays africains pour faire face à leurs obligations de dette et à leurs problèmes de liquidité.

  • Dans ce cadre, la satisfaction face aux progrès réalisés dans la mise en œuvre du cadre commun du G20 et le soutien aux efforts visant à renforcer ce cadre pour la gestion de la dette, au-delà de l’initiative de suspension du service de la dette du G20.

  • La contribution à l’établissement de liaisons sûres, économiques et stables au sein de l’Afrique et de l’Europe, ainsi qu’entre les deux continents, en cohérence avec le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), l’Agenda 2063 et l’initiative Global Gateway.

  • Au-delà des douze corridors prévus dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, le soutien par l’UE au développement d’un corridor solide inspiré du réseau transeuropéen de transport, adapté aux besoins, opportunités et dynamisme spécifiques du secteur des transports africain, par le biais du renforcement des cadres juridiques et institutionnels.

  • La poursuite de la coopération stratégique dans le secteur de l’énergie via l’Initiative énergie verte Afrique-UE.

  • La mise à disposition à au moins 100 millions de personnes en Afrique l’accès à l’électricité propre d’ici 2030, en déployant des efforts communs pour promouvoir une transition énergétique équitable et durable, en tenant compte du Marché unique de l’électricité en Afrique (AfSEM), du Plan directeur des systèmes énergétiques continentaux (CMP) et de la Stratégie africaine pour l’efficacité énergétique (AfEES).

  • La contribution au développement du potentiel des énergies renouvelables en Afrique pour l’électrification rurale, l’industrialisation durable et la cuisson propre.

  • Le soutien, via le Forum mondial sur la transition énergétique, l’accès universel à une énergie abordable, fiable, durable et moderne selon des standards internationaux, en Afrique, en renforçant la dynamique politique, en favorisant l’alignement stratégique entre l’Union africaine et l’UE et en mobilisant des financements publics et privés.

On peut donc constater que le communiqué présente un résumé des défis auxquels sont confrontées les sociétés africaines, aujourd’hui constitué d’une population d’environ 1,5 milliard d’habitants, et met en avant la volonté de coopérer dans divers domaines afin que les pays africains puissent atteindre, à l’instar des autres régions développées du monde, un niveau de vie plus prospère.


Le communiqué apparaît comme une déclaration de volonté dans des domaines considérés comme particulièrement importants, reflétant l’engagement actuel de l’Occident envers l’Afrique, et ce, dans le contexte historique du développement du continent africain où l’Occident avait des responsabilités humanitaires sérieuses et significatives à l’égard des Africains.


Les principaux problèmes pour lesquels des solutions sont recherchées trouvent leur origine dans l’histoire de l’Afrique. Dans ce contexte, la position de la Türkiye sur le continent, son accord d’Union douanière avec l’UE et son importance économique et commerciale pour les parties concernées, ainsi que la stratégie africaine spéciale menée par notre président avec les 54 pays africains, rendent également cruciales les relations entre l’UE et l’Union africaine pour la Türkiye.


Le fait que, dans le communiqué final du 7ᵉ Sommet UE-Union africaine, aient été reflétées les observations insistantes de notre président lors du sommet du G20 à Johannesburg, soulignant l’importance d’accroître l’aide au développement humain pour les pays en développement afin qu’ils atteignent un niveau de bien-être acceptable, et de résoudre les différends tout en favorisant un développement durable, constitue un indicateur important de la justesse des rappels formulés par notre président lors du sommet du G20.


La politique étrangère humanitaire de la Türkiye, largement déployée avec les 54 pays africains et fondée sur la paix et le développement durable, met en évidence à la fois la présence et l’importance de la Türkiye sur le continent africain, ainsi que le potentiel particulier de son approche dans la résolution des problèmes régionaux pour contribuer au développement de relations régionales multilatérales.


À cet égard, l’approche de politique étrangère poursuivie par la Türkiye constitue naturellement un nouveau domaine de coopération important et stratégique dans le cadre des relations trilatérales Türkiye-UE-Afrique, axé sur la paix, la stabilité et le développement durable en Afrique. Il s’agit d’un enjeu majeur qui mérite l’attention des trois parties.


En d’autres termes, la Türkiye n’est pas seulement un pont entre l’Asie et l’Europe, mais elle joue également un rôle clé dans les relations Afrique-UE, tant sur les plans économique, politique, commercial que celui de la fiabilité.


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