Gaza: La Russie craint un "verdict final" menaçant l'autodétermination palestinienne

La rédaction avec
11:2928/11/2025, vendredi
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La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, participe au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) à Saint-Pétersbourg, le 19 juin 2025.
Crédit Photo : OLGA MALTSEVA / AFP
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, participe au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) à Saint-Pétersbourg, le 19 juin 2025.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a exprimé jeudi ses inquiétudes quant au plan de paix américain pour Gaza, soutenu par Washington et défendu par le président Donald Trump, craignant qu’il ne serve de couverture à des "expérimentations" incontrôlées dans les territoires occupés.

Réagissant au vote du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a adopté le texte avec 13 voix favorables, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues, elle a appelé à la vigilance.


Selon elle, cette décision ne doit pas devenir un prétexte pour priver les Palestiniens de leurs droits à l’autodétermination ni compromettre les perspectives de sécurité d’Israël et la coexistence pacifique dans la région.

Le texte prévoit la création d’un "Conseil de paix" chargé de l’administration de Gaza, présidé par Trump et susceptible d’intégrer d’autres figures internationales influentes. Cette instance pourrait déployer une force internationale de stabilisation travaillant en coordination étroite avec Israël et l’Égypte, avec pour mission la démilitarisation de la bande de Gaza et le désarmement du Hamas et d’autres groupes armés.


Zakharova a toutefois souligné que le plan ne prévoit aucun rôle pour l’Autorité nationale palestinienne ni aucune garantie relative à une solution à deux États. Elle a également noté que les obligations d’Israël en tant que puissance occupante, notamment l’interdiction d’annexer des territoires palestiniens et le retrait de ses forces, ne sont pas mentionnées.


Elle a critiqué le fait que l’ONU soit totalement exclue du contrôle des nouvelles structures et du déploiement de la force internationale, ce qui, selon elle, va à l’encontre des principes du maintien de la paix.

La diplomate a expliqué que l’abstention de la Russie tenait compte à la fois des positions des dirigeants palestiniens et des pays arabes et musulmans soutenant le texte, ainsi que de la volonté d’éviter une nouvelle escalade à Gaza. Elle a par ailleurs rappelé que la guerre aurait pu être stoppée beaucoup plus tôt si les États-Unis n’avaient pas opposé leur veto à six résolutions appelant à un cessez-le-feu immédiat au cours des deux dernières années.


Concernant le contenu de la résolution, Washington propose le déploiement d’une force multinationale à Gaza, dans le cadre du cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre. Selon l’ONU, ce n’est qu’une fois les réformes de l’Autorité palestinienne menées à bien et la reconstruction de Gaza suffisamment avancée qu’un processus crédible d’autodétermination palestinienne pourrait "éventuellement" voir le jour.


Abordant un autre sujet, Zakharova a évoqué la coopération stratégique entre Moscou et Téhéran, rappelant que tout soutien militaire à l’Iran en cas d’attaque américaine ou alliée serait encadré par l’accord de partenariat stratégique liant les deux pays. Cet accord, a-t-elle précisé, prévoit une coopération militaire et technico-militaire étendue.


Interrogée sur la présence présumée de combattants irakiens en Ukraine, elle a répondu que ces questions relevaient du ministère russe de la Défense et que la demande serait transmise aux autorités compétentes.


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