
Un rapport publié jeudi par le bureau des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies met en garde contre le risque que les actions menées par les autorités israéliennes à Gaza et en Cisjordanie occupée puissent s’apparenter à un nettoyage ethnique. Le document évoque des attaques généralisées, des destructions massives et des transferts forcés de Palestiniens.
Couvrant la période du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, le rapport estime que l’intensification des frappes, la destruction méthodique de quartiers entiers et les restrictions sur l’aide humanitaire semblent viser une modification durable de la composition démographique de la bande de Gaza.
Le texte fait état de pertes civiles sans précédent, de conditions proches de la famine et de l’effondrement des infrastructures restantes, créant des conditions de vie de plus en plus incompatibles avec la survie des Palestiniens sur place. Au moins 463 Palestiniens, dont 157 enfants, seraient morts de faim en raison des restrictions sur l’acheminement de l’aide.
Le rapport soulève également la possibilité que certaines opérations israéliennes aient délibérément visé des civils ou causé des dommages disproportionnés, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre.
En Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, il dénonce un recours "systématique" et illégal à la force, des détentions arbitraires, des actes de torture et la démolition à grande échelle de logements palestiniens, décrivant des politiques qui discriminent et dominent systématiquement la population palestinienne.
Le document mentionne aussi la mort de 79 Palestiniens en détention israélienne durant la période étudiée et souligne la vulnérabilité particulière des détenus originaires de Gaza face à la torture et aux mauvais traitements.
Par ailleurs, il indique que le Hamas et d’autres groupes armés ont continué de détenir des otages israéliens et étrangers capturés le 7 octobre 2023, avec des témoignages faisant état de tortures et d’abus.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé un "climat généralisé d’impunité" et appelé les États à suspendre les transferts d’armes susceptibles de favoriser des violations, estimant que la responsabilité judiciaire est essentielle à une paix durable.
Selon lui, la justice pour les victimes doit constituer la base de la reconstruction de Gaza et les Palestiniens doivent participer immédiatement aux structures de gouvernance chargées de cette reconstruction.
Un cessez-le-feu soutenu par les États-Unis est en vigueur à Gaza depuis le 10 octobre, mettant fin à deux années de guerre ayant fait plus de 72 000 morts, majoritairement des femmes et des enfants, et plus de 171 000 blessés depuis octobre 2023.
Malgré cette trêve, le ministère de la Santé de Gaza affirme que des centaines de violations ont été commises par les forces israéliennes, causant la mort de 603 Palestiniens et faisant 1 618 blessés supplémentaires. En parallèle, les opérations israéliennes se sont intensifiées en Cisjordanie, où au moins 1 112 Palestiniens auraient été tués et environ 11 500 blessés sur la même période.









