Acharnement judiciaire contre la militante Amira Zaiter

La rédaction
12:129/01/2026, vendredi
MAJ: 9/01/2026, vendredi
Yeni Şafak
La militante pro-Palestinienne Amira Zaiter, le 20 septembre 2024. Amira Zaiter a été incarcérée pour avoir republié des publications dénonçant le génocide à Gaza et avoir écrit une lettre à sa fille.
Crédit Photo : X / X
La militante pro-Palestinienne Amira Zaiter, le 20 septembre 2024. Amira Zaiter a été incarcérée pour avoir republié des publications dénonçant le génocide à Gaza et avoir écrit une lettre à sa fille.

La militante pro-palestinienne niçoise Amira Zaiter est de nouveau incarcérée depuis novembre 2025, dans l’attente d’un procès prévu le 23 janvier 2026. Déjà condamnée en 2024 pour des publications sur les réseaux sociaux, une peine partiellement réduite en appel, elle fait désormais face à de nouvelles poursuites les mêmes publications. Elle affirme ne pas comprendre cet acharnement judiciaire. Son affaire cristallise les débats sur la liberté d’expression, la criminalisation de l’engagement pro-Palestine et le traitement judiciaire des opinions politiques en France.

Amira Zaiter
a été condamnée à une peine de prison ferme et à une amende pour plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux. Les faits reprochés concernent des contenus liés à la situation en Palestine et à Gaza.

Cette condamnation a été confirmée en appel. La justice a estimé que ses publications constituaient des infractions pénales, malgré leur caractère militant et politique. La militante est depuis incarcérée.


Un nouveau procès pour les mêmes publications


Alors que son affaire fait déjà l'objet d'une mesure de justice,
Amira Zaiter
va de nouveau être jugée. Cette fois, il lui est reproché d’avoir repartagé les publications mêmes qui ont conduit à sa condamnation initiale.

Dans ses écrits, elle souligne que les contenus en question ont déjà été examinés par la justice et intégrés à une condamnation définitive.


Cette situation est perçue par ses soutiens comme un acharnement judiciaire, visant à sanctionner durablement son engagement politique et à dissuader toute prise de parole similaire.


La lettre à sa fille intégrée aux poursuites


Parmi les éléments retenus contre elle figure une lettre adressée à sa fille. Rédigée en détention, cette lettre évoque son emprisonnement, son engagement et la situation en Palestine.


Amira Zaiter y explique avoir été incarcérée pour ses opinions et pour avoir dénoncé ce qu’elle qualifie de
"génocide"
à Gaza. Ce texte, largement diffusé sur les réseaux sociaux, a été versé au dossier judiciaire.

Selon les notes manuscrites, la diffusion de cette lettre aurait contribué à aggraver son cas, les autorités estimant qu’elle persistait dans un discours jugé répréhensible.


Des republications issues de médias alternatifs


Les poursuites reposent notamment sur la republication de contenus provenant de médias citoyens et alternatifs. Plusieurs posts faisaient état de la situation humanitaire à Gaza, de vidéos d’enfants palestiniens ou encore de critiques de l’idéologie sioniste.


Certaines publications évoquaient l’aide alimentaire à Gaza ou dénonçaient des violences imputées à Israël. Amira Zaiter y ajoutait parfois des commentaires politiques, dénonçant une idéologie qu’elle estime responsable de crimes de masse.


Ces republications constituent aujourd’hui le cœur des poursuites judiciaires successives engagées contre elle.


Une affaire révélatrice d’un acharnement judiciaire


L’enchaînement des procédures, malgré une condamnation déjà confirmée en appel, interroge sur la proportionnalité de la réponse judiciaire. Pour ses soutiens, il s’agit d’un acharnement visant une militante pro-Palestine pour ses opinions politiques.


Dans l’un de ses écrits, Amira Zaiter pose une question centrale:
"Quelle est l’idéologie politique qui commet un génocide ?"
Cette interrogation figure parmi les passages les plus reprochés par l’accusation.

Son cas relance le débat sur la liberté d’expression, l’usage des réseaux sociaux et la criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien en France.


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