France: Les Éditions Tawhid dénoncent une "stratégie de neutralisation" contre "l’islam intellectuel"

La rédaction
11:2328/01/2026, mercredi
Yeni Şafak
Les Editions Tawhid dénoncent uen stratégie de neutralisation de l'Etat français contre l'islam intellectuel suite à la relaxe de Yamin Makri, ex-gérant de cette maison d'édition.
Crédit Photo : LPLT / Archive
Les Editions Tawhid dénoncent uen stratégie de neutralisation de l'Etat français contre l'islam intellectuel suite à la relaxe de Yamin Makri, ex-gérant de cette maison d'édition.

Les Éditions Tawhid dénoncent une stratégie de neutralisation politique et économique après l’annulation des poursuites visant Yamin à Lyon. Le tribunal a annulé la procédure pour apologie du terrorisme et prononcé plusieurs relaxes, notamment concernant la dénonciation des crimes de guerre à Gaza. Malgré cette décision, Yamin et les Éditions Tawhid subissent toujours un gel de leurs avoirs. L’affaire est présentée comme emblématique d’une pression visant les institutions intellectuelles de l’islam de France et les voix pro-palestiniennes.

Les
Éditions Tawhid
dénoncent une stratégie de neutralisation politique et économique visant des
institutions intellectuelles de l’islam de France
, après une décision judiciaire majeure rendue à Lyon.

Ce lundi 26 janvier, le tribunal judiciaire de Lyon a rendu son délibéré dans l’affaire visant
Yamin Makri
, ex-gérant des
Éditions Tawhid
. À l’issue d’un procès contradictoire long et approfondi, la juridiction a retenu les nullités soulevées par la défense.

La procédure pour apologie du terrorisme a été annulée. L’action publique sur ce chef a pris fin.


Crédit Photo : Editions Tawhid / Nouvelle Aube
Communiqué des éditions Tawhid

Selon les soutiens de
Yamin Makri
et des
Éditions Tawhid
, cette décision marque un désaveu clair d’une utilisation politique du droit pénal, dans un contexte de forte pression sur les acteurs musulmans engagés.

Une victoire judiciaire après une mobilisation déterminée


Ce résultat n’est pas présenté comme le fruit du hasard. Les
Éditions Tawhid
évoquent une mobilisation militante, médiatique et populaire déterminée, ayant permis d’imposer un rapport de force.

Cette mobilisation aurait rendu impossible toute poursuite jugée floue, arbitraire ou instrumentalisée. Dans un communiqué, les soutiens rappellent que
"le droit pénal n’est pas un instrument politique et la peur ne fait pas loi".

L’affaire intervient dans un contexte où l’infraction d’apologie du terrorisme est régulièrement dénoncée comme un outil d’intimidation visant des voix militantes, notamment sur la question palestinienne.


Pour les
Éditions Tawhid
, cette décision rappelle un principe fondamental de l’État de droit. La justice ne peut se fonder sur la peur ni sur des interprétations extensives des infractions pénales.

Prescriptions, relaxes et rejet de la criminalisation de Gaza


Au fil de la procédure, le ministère public a multiplié les accusations. L’accusation d’appel à la haine n’a pas été examinée sur le fond. Les faits, datant de 2022, étaient prescrits, la prescription étant fixée à un an.


Yamin était également poursuivi pour atteinte à l’intégrité des personnes. Il lui était reproché d’avoir diffusé des images d’enfants de Gaza tués ou blessés.


Sur ce point, le tribunal a prononcé une relaxe complète. Les juges ont rappelé qu’il n’est pas possible d’invoquer une atteinte à l’intégrité lorsqu’il s’agit de dénoncer des crimes de guerre.


Cette relaxe constitue, selon les
Éditions Tawhid
, un rejet explicite d’une tentative de criminalisation de la dénonciation du génocide en cours à Gaza.

Gel des avoirs et asphyxie économique dénoncée


Malgré la décision judiciaire, la situation économique reste critique. Depuis sept mois,
Yamin Makri
subit un gel total de ses avoirs. Il ne peut régler ses dépenses les plus élémentaires sans autorisation de la direction du Trésor.

Les
Éditions Tawhid
existent depuis plus de trente ans. Elles sont elles aussi soumises à un gel économique total.

Cette mesure empêche la maison d’édition de payer ses fournisseurs, malgré une capacité financière intacte. L’objectif dénoncé est explicite : provoquer une asphyxie économique et un dépôt de bilan forcé.


Pour les soutiens de
Yamin Makri
, il ne s’agit pas d’une simple procédure administrative. Ils parlent d’une stratégie structurée de neutralisation politique et économique.

Une stratégie visant les institutions intellectuelles de l’islam de France


Les
Éditions Tawhid
estiment être la cible d’une politique visant des institutions intellectuelles et éducatives de l’islam de France, perçues comme autonomes et critiques.

Le communiqué explique ce harcèlement par le double engagement de Yamin Makri. D’une part, son implication dans une communauté musulmane française en construction, autonome et consciente. D’autre part, son engagement pro-palestinien.


Yamin Makri
a dénoncé publiquement le génocide à Gaza et la complicité de l’État français. Il s’est également exprimé contre le racisme d’État, les politiques d’exception et les dérives autoritaires.

Selon ses soutiens, ces prises de position ont fait de lui une cible politique. Le dossier judiciaire n’aurait servi que de prétexte à une entreprise de neutralisation plus large.


Une mobilisation présentée comme un contre-pouvoir populaire


Pour les
Éditions Tawhid
, ce qui s’est joué dépasse largement le cas individuel de
Yamin Makri
. La mobilisation autour de cette affaire aurait démontré qu’un contre-pouvoir populaire peut faire reculer l’arbitraire.

Cette mobilisation s’est construite au-delà des appartenances religieuses ou politiques. Elle a rassemblé des citoyens attachés aux libertés fondamentales et à la justice.


Le communiqué s’adresse à celles et ceux qui se taisent aujourd’hui par peur. Il affirme que la peur n’est pas une fatalité.


"L’immobilisme est l’arme de l’arbitraire ; la mobilisation, au contraire, le désarme"
, affirment les soutiens.

Un appel à refuser l’auto-censure


Pour les
Éditions Tawhid
, ce jugement ne clôt pas le combat. Il ouvre un chemin, présenté comme une invitation à poursuivre l’engagement collectif.

Le communiqué rappelle que s’organiser, documenter, médiatiser et résister juridiquement peut produire des résultats concrets.


Il appelle à refuser l’auto-censure et à continuer à s’engager, de manière lucide et collective, pour la justice et la dignité humaine.


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