
Entre 1948 et 1950, des milliers de Palestiniens ont été internés dans des camps mentionnés dans des archives israéliennes comme "concentration camps". Les documents analysés par l’ONG Zochrot indiquent qu’au moins 82 % des 5 950 détenus recensés étaient des civils. Travail forcé, expulsions massives et loi martiale jusqu’en 1966 : retour sur une page méconnue de l’histoire israélo-palestinienne.
Des milliers d’internés entre 1948 et 1950
Entre 1948 et 1950, entre 8 000 et 12 000 Palestiniens sont internés dans au moins huit sites principaux, parmi lesquels Ijlil, Atlit, Sarafand, Tel Litvinski et Umm Khalid, ainsi que plusieurs centres temporaires.
Les conditions de détention sont décrites comme extrêmement dures. La Croix-Rouge évoque notamment le camp d’Umm Khalid, ancien village palestinien détruit puis entouré de barbelés, où les détenus vivaient dans une grande promiscuité, avec des pénuries et un manque d’hygiène.
Travail forcé, expulsions et contrôle militaire
Les archives et témoignages évoquent également le recours au travail forcé sans rémunération. Les détenus affectés aux travaux recevaient davantage de nourriture que ceux qui refusaient.
Selon Zochrot, certains camps auraient également servi à des opérations de propagande et à des activités de renseignement. L’historien Hillel Cohen mentionne des interrogatoires, des pressions et des tentatives de recrutement.
À partir de 1949, sous la pression du Comité international de la Croix-Rouge, des libérations commencent. Toutefois, selon les archives israéliennes et les travaux de Zochrot, entre 75 et 80 % des internés sont expulsés vers Gaza, la Cisjordanie, le Liban, l’Égypte ou la Jordanie.
Ceux qui restent sont placés sous contrôle militaire. Les Palestiniens citoyens d’Israël vivent sous un régime de loi martiale jusqu’en 1966.
Aujourd’hui encore, au moins 9 250 Palestiniens sont détenus par Israël, dont une part importante en détention administrative, sans inculpation ni procès, renouvelable indéfiniment selon des organisations de défense des droits humains. Ces organisations dénoncent des conditions de détention qu’elles qualifient de graves, incluant violences, isolement et mauvais traitements.









