Norvège/terres rares: les réserves du plus grand gisement d'Europe revues à la hausse

12:453/03/2026, mardi
AFP
Fensfeltet recèlerait près de 16 millions de tonnes d’oxydes, renforçant son importance stratégique pour l’Europe face à la dépendance chinoise.
Crédit Photo : X /
Fensfeltet recèlerait près de 16 millions de tonnes d’oxydes, renforçant son importance stratégique pour l’Europe face à la dépendance chinoise.

Les réserves du plus grand gisement européen de terres rares, situé dans le sud-est de la Norvège, ont été quasiment doublées selon de nouvelles estimations publiées mardi par Rare Earths Norway (REN).

Situé à environ 150 kilomètres au sud-ouest d’Oslo, le site de Fensfeltet recèlerait désormais 15,9 millions de tonnes d’oxydes de terres rares, contre 8,8 millions estimées en 2024, soit une révision à la hausse d’environ 80%, selon un communiqué de l’entreprise.

Cette réévaluation intervient alors que le projet se heurte à des préoccupations environnementales. Les installations de surface prévues pour la future mine seraient implantées dans une zone écologiquement sensible.


"Nous nous attendons à ce que l'augmentation substantielle des ressources estimées rende le projet de Rare Earths Norway encore plus stratégique pour la Norvège et l'Union européenne, et que les autorités fassent preuve de détermination en mettant en place les conditions-cadres nécessaires pour assurer la première extraction européenne de terres rares"
, a déclaré le directeur général de REN, Alf Reistad.

Les terres rares, essentielles à la transition énergétique et numérique, sont considérées comme des matières premières critiques par l’Union européenne. À ce jour, aucun gisement de terres rares n’est exploité en Europe, qui dépend largement de la Chine pour ses approvisionnements.

De nouveaux carottages ont confirmé la présence significative de néodyme et de praséodyme à Fensfeltet, des éléments entrant dans la fabrication de
"super aimants"
utilisés notamment dans les véhicules électriques, les énergies renouvelables et le secteur de la défense.

REN souligne également la présence de quantités
"significatives"
de niobium et de thorium, susceptibles de devenir des sous-produits à forte valeur ajoutée.

Enjeux environnementaux


Avant toute exploitation, le projet devra toutefois franchir plusieurs obstacles environnementaux. Si les promoteurs évoquent une
"mine invisible"
, avec extraction et concassage souterrains, un parc minier de surface est envisagé dans une zone forestière ancienne riche en biodiversité.

Des expertises ont recensé 78 espèces animales et végétales inscrites sur la liste rouge des espèces menacées, parmi lesquelles des coléoptères saproxyliques, des ormes de montagne, des frênes communs, une quarantaine de variétés de champignons et plusieurs espèces de mousses.

Après plusieurs retards, Rare Earths Norway prévoit d’entamer l’extraction au cours de la première moitié des années 2030.


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