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Le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noel Barrot, et le chef de file de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lors d'un débat télévisé le 20 janvier 2026.
La France demeure alliée des États-Unis mais n’hésitera pas à s’y opposer lorsque certaines propositions sont jugées inacceptables, a affirmé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, lors d’un débat télévisé intitulé Le Retour des empires, diffusé sur France 2.
"Lorsque les Américains formulent une proposition qui est inacceptable, nous assumons parfaitement de leur dire non",
a déclaré le ministre, évoquant notamment les tensions actuelles avec Washington et la menace de hausses de droits de douane brandie par le président américain Donald Trump.
Jean-Noël Barrot a insisté sur une relation d’
"alliés, mais pas alignés"
, rappelant que Paris entendait poursuivre la coopération avec les États-Unis
"au service de la paix et de la sécurité"
, tout en conservant sa liberté de décision, y compris sur les dossiers stratégiques.
Interrogé sur les propos et initiatives du président américain, notamment la publication de conversations privées avec le président français Emmanuel Macron, Jean-Noël Barrot a jugé qu’ils ne correspondaient pas à la relation entre deux pays liés par plus de deux siècles d’histoire commune.
Il a cependant souligné que le chef de l’État français tenait en privé les mêmes positions qu’en public, dans ce qu’il a présenté comme la défense des intérêts français et européens.
Le ministre a également défendu la nécessité de renforcer l’Europe de la défense, estimant que les relations internationales étaient aujourd’hui marquées par un retour du rapport de force. Il a toutefois réaffirmé l’attachement de la France aux principes du droit international, qu’il a présentés comme les seuls capables de garantir durablement la paix et la stabilité.
A la suite du programme télévisé dans un message publié sur le réseau social américain X, Jean-Noël Barrot a résumé cette position en avertissant que
"si on ne prépare pas l’Europe de la défense, on aura l’Europe de la défaite"
.
Face à lui, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a livré une analyse plus critique de la situation internationale, évoquant un
"basculement de l’histoire"
et un
comparable, selon lui, à la fin de la guerre froide. Il a estimé que la relation entre la France et les États-Unis entrait dans une phase inédite et que la crise actuelle devait être considérée comme une opportunité de reconstruction politique.
Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour une posture française de non-alignement et rejeté toute escalade militaire en Europe. Il a affirmé ne pas vouloir de guerre sur le continent et a évoqué la possibilité d’une paix entre la Russie et l’Ukraine fondée sur des garanties de sécurité mutuelles.
Il a également défendu l’idée de consultations populaires dans les territoires disputés, citant à la fois l’est de l’Ukraine et le Groenland, au cœur d’un projet de prise de contrôle américaine.
Le dirigeant insoumis a par ailleurs dénoncé ce qu’il a qualifié de logique de
, qu’il a associée au risque de conflit nucléaire. Il a aussi interpellé le ministre sur la reconnaissance de l’État de Palestine et la situation à Gaza, jugeant tardive la position française et estimant que le cessez-le-feu n’y était pas respecté.
Jean-Noël Barrot a, de son côté, répondu en réaffirmant que le droit international constituait une force et un socle de l’action diplomatique française, tout en soulignant les contraintes et équilibres propres à la gestion des crises internationales actuelles.
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