France : Bayrou admet qu’"aujourd’hui, a priori" il ne peut pas obtenir la confiance des députés

12:4228/08/2025, jeudi
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Le Premier ministre français François Bayrou pose avant une interview dans le journal télévisé du soir de la chaîne française TF1, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, le 27 août 2025.
Crédit Photo : Xavier GALIANA / AFP
Le Premier ministre français François Bayrou pose avant une interview dans le journal télévisé du soir de la chaîne française TF1, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, le 27 août 2025.

Le Premier ministre français, François Bayrou, a reconnu mercredi 27 août, lors d’un entretien sur TF1, qu’il n’était pas certain de pouvoir obtenir la confiance de l’Assemblée nationale lors du vote prévu le 8 septembre.

"Aujourd’hui, a priori, on ne peut pas obtenir la confiance"
, a-t-il déclaré, alors qu’il doit engager la responsabilité de son gouvernement sur son plan d’économies budgétaires.

Le Premier ministre a rappelé que depuis les élections législatives anticipées de l'été 2024,
"il n’y a pas de majorité"
. Pour lui,
"il est impossible de porter la politique de redressement du pays s’il n’y a pas d’accord sur un minimum de choix"
. Tout en assumant le risque de voir son gouvernement tomber, Bayrou a affirmé ne pas vouloir
"passer en force"
, ajoutant :

Le gouvernement n’est pas contre les Français, il est le défenseur des Français.

Cette déclaration intervient alors que les oppositions – de la gauche au Rassemblement national – ont déjà annoncé qu’elles voteraient contre la confiance, tandis que Les Républicains apparaissent divisés malgré le soutien affiché par leur président Bruno Retailleau. L’issue du vote du 8 septembre semble donc très incertaine, ouvrant la perspective d’une crise institutionnelle.


À cette équation parlementaire s’ajoute une rentrée sociale agitée. Le mouvement "Bloquons tout", né sur les réseaux sociaux, appelle à paralyser le pays le 10 septembre, et vient de recevoir le soutien officiel de la CGT et de Solidaires, qui appellent à la grève partout où cela est possible.

Le Président français Emmanuel Macron, de son côté, a fait savoir qu’il ne souhaitait pas recourir à une nouvelle dissolution, mais qu’il ne s’interdirait pas
"a priori"
d’utiliser ce pouvoir constitutionnel.

La reconnaissance par François Bayrou de sa probable incapacité à réunir une majorité, conjuguée aux menaces de blocage social, place ainsi le gouvernement dans une zone de turbulence politique et institutionnelle rarement atteinte sous la Ve République.


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