
Alors que les forces gouvernementales yéménites ont repris le contrôle de plus de la moitié du territoire national, des informations ont fait état lundi d’une rencontre entre le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et des responsables du Conseil de transition du Sud (CTS).
Le vice-président du CTS, Abd al-Rahman al-Mahrami, a indiqué sur le réseau social X avoir rencontré le ministre saoudien afin d’échanger sur l’évolution de la situation au Yémen, publiant une photo de la rencontre.
Membre du Conseil présidentiel de direction du Yémen, Mahrami a précisé que les discussions ont également abordé les moyens de renforcer la coordination et les efforts conjoints en faveur de la stabilité du Yémen et de la sécurité régionale.
Les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé officiellement cette rencontre dans l’immédiat.
Samedi, l’Arabie saoudite avait invité l’ensemble des acteurs du sud du Yémen, hors zones contrôlées par les Houthis, à participer à une conférence à Riyad consacrée à la question méridionale.
Le mois dernier, les forces du CTS avaient pris le contrôle des provinces orientales de Hadramaout et d’Al-Mahra, qui représentent près de la moitié du territoire yéménite et sont frontalières de l’Arabie saoudite.
La semaine dernière, Riyad a accusé les Émirats arabes unis d’encourager le CTS à mener des opérations militaires le long de sa frontière sud dans ces deux provinces, une accusation rejetée par Abou Dhabi.
Le CTS affirme que les gouvernements successifs ont marginalisé politiquement et économiquement les régions du Sud et plaide pour la sécession. Les autorités yéménites rejettent ces revendications et réaffirment leur attachement à l’unité du pays, proclamée le 22 mai 1990 avec la création de la République du Yémen.
Armes pillées
La rencontre de lundi s’est tenue alors que les forces gouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite, ont repris le contrôle de plus de la moitié du territoire national à la suite du retrait du CTS des provinces de Hadramaout et d’Al-Mahra. Lors de ce retrait, des armes laissées sur place ont été pillées par des civils, suscitant de vives inquiétudes en matière de sécurité.
L’organisation a expliqué que ces armes provenaient de dépôts militaires et sécuritaires laissés sans surveillance dans les deux provinces.
Elle a précisé que la plupart des munitions étaient stockées de manière improvisée et dangereuse à l’intérieur de maisons, mettant en garde contre le risque d’explosions susceptibles de décimer des familles entières et de détruire des quartiers entiers.
L’ONG a appelé les civils à remettre immédiatement ces armes aux autorités compétentes et exhorté les autorités locales à sécuriser les sites militaires afin d’empêcher de nouveaux détournements.
Retour progressif à la normale
Sur le terrain, le gouverneur de Hadramaout, Salem al-Khanbashi, a déclaré dimanche soir que les forces gouvernementales avaient rétabli leur contrôle total sur la province, la plus vaste du Yémen avec environ 193 000 km², et entamé la gestion des affaires publiques ainsi que le rétablissement de la vie normale.
De retour de l’Arabie saoudite après près d’un mois d’absence liée aux développements militaires, Khanbashi a tenu une réunion à Seyoun avec des responsables militaires, sécuritaires et des notables locaux des districts de la vallée et du désert.
Il a insisté sur la nécessité de rétablir les services essentiels et a averti que des "mesures décisives" seraient prises à l’encontre des responsables sécuritaires ayant soutenu le CTS durant son contrôle de la province.
Le président du Conseil présidentiel, Rachad al-Alimi, a félicité les habitants de Hadramaout et d’Al-Mahra pour la reprise rapide et réussie des camps militaires, estimant que cette opération a dépassé les attentes et renforcé la sécurité et la stabilité.
Al-Alimi a enfin rendu hommage au rôle "décisif" de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qu’il a créditée d’avoir sécurisé la reprise des sites militaires, limité l’escalade et protégé les civils.









