Le vice-chef du CTS se rapproche de l’Arabie saoudite tandis que le gouvernement yéménite reprend la moitié du territoire

La rédaction avec
16:545/01/2026, Pazartesi
AA
Cette photo prise le 4 janvier 2026 montre les forces soutenues par l'Arabie saoudite déployées dans la ville de Mukalla, dans la province côtière d'Hadramawt, au sud du Yémen.
Cette photo prise le 4 janvier 2026 montre les forces soutenues par l'Arabie saoudite déployées dans la ville de Mukalla, dans la province côtière d'Hadramawt, au sud du Yémen.

Alors que les forces gouvernementales yéménites ont repris le contrôle de plus de la moitié du territoire national, des informations ont fait état lundi d’une rencontre entre le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et des responsables du Conseil de transition du Sud (CTS).

Le vice-président du CTS, Abd al-Rahman al-Mahrami, a indiqué sur le réseau social X avoir rencontré le ministre saoudien afin d’échanger sur l’évolution de la situation au Yémen, publiant une photo de la rencontre.


Selon lui, l’entretien s’est déroulé
"dans un esprit de fraternité et de compréhension"
et a porté sur les derniers développements dans le pays, en particulier sur ce qu’il a qualifié de
"juste cause du Sud".

Membre du Conseil présidentiel de direction du Yémen, Mahrami a précisé que les discussions ont également abordé les moyens de renforcer la coordination et les efforts conjoints en faveur de la stabilité du Yémen et de la sécurité régionale.


Les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé officiellement cette rencontre dans l’immédiat.


Samedi, l’Arabie saoudite avait invité l’ensemble des acteurs du sud du Yémen, hors zones contrôlées par les Houthis, à participer à une conférence à Riyad consacrée à la question méridionale.


Cette initiative est intervenue au lendemain de l’annonce par le président du CTS, Aidrous al-Zubaidi, d’une
"phase de transition"
de deux ans, incluant un dialogue avec les forces du sud et l’organisation d’un
"référendum"
sur l’avenir de la région.

Le mois dernier, les forces du CTS avaient pris le contrôle des provinces orientales de Hadramaout et d’Al-Mahra, qui représentent près de la moitié du territoire yéménite et sont frontalières de l’Arabie saoudite.


La semaine dernière, Riyad a accusé les Émirats arabes unis d’encourager le CTS à mener des opérations militaires le long de sa frontière sud dans ces deux provinces, une accusation rejetée par Abou Dhabi.


Le CTS affirme que les gouvernements successifs ont marginalisé politiquement et économiquement les régions du Sud et plaide pour la sécession. Les autorités yéménites rejettent ces revendications et réaffirment leur attachement à l’unité du pays, proclamée le 22 mai 1990 avec la création de la République du Yémen.


Armes pillées


La rencontre de lundi s’est tenue alors que les forces gouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite, ont repris le contrôle de plus de la moitié du territoire national à la suite du retrait du CTS des provinces de Hadramaout et d’Al-Mahra. Lors de ce retrait, des armes laissées sur place ont été pillées par des civils, suscitant de vives inquiétudes en matière de sécurité.


Dans un communiqué publié lundi, l’Observatoire yéménite de lutte contre les mines a averti que
"de grandes quantités d’obus et de munitions ont atteint des habitations et des quartiers résidentiels au cours des dernières heures".

L’organisation a expliqué que ces armes provenaient de dépôts militaires et sécuritaires laissés sans surveillance dans les deux provinces.


Elle a précisé que la plupart des munitions étaient stockées de manière improvisée et dangereuse à l’intérieur de maisons, mettant en garde contre le risque d’explosions susceptibles de décimer des familles entières et de détruire des quartiers entiers.


L’ONG a appelé les civils à remettre immédiatement ces armes aux autorités compétentes et exhorté les autorités locales à sécuriser les sites militaires afin d’empêcher de nouveaux détournements.


Retour progressif à la normale


Sur le terrain, le gouverneur de Hadramaout, Salem al-Khanbashi, a déclaré dimanche soir que les forces gouvernementales avaient rétabli leur contrôle total sur la province, la plus vaste du Yémen avec environ 193 000 km², et entamé la gestion des affaires publiques ainsi que le rétablissement de la vie normale.


"Depuis Seyoun, nous commençons à administrer Hadramaout"
, a-t-il affirmé, précisant que les dernières poches affiliées au CTS avaient été neutralisées. Cette déclaration est intervenue au lendemain de l’annonce de la reprise de l’aéroport international de Seyoun aux forces du CTS.

De retour de l’Arabie saoudite après près d’un mois d’absence liée aux développements militaires, Khanbashi a tenu une réunion à Seyoun avec des responsables militaires, sécuritaires et des notables locaux des districts de la vallée et du désert.


Il a insisté sur la nécessité de rétablir les services essentiels et a averti que des "mesures décisives" seraient prises à l’encontre des responsables sécuritaires ayant soutenu le CTS durant son contrôle de la province.


Dans la province d’Al-Mahra, souvent qualifiée de
"porte orientale du Yémen"
, les forces gouvernementales ont également consolidé leur emprise après le retrait du CTS. Selon des responsables, la coordination entre le gouvernement et la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a joué un rôle déterminant dans ces avancées.

Le président du Conseil présidentiel, Rachad al-Alimi, a félicité les habitants de Hadramaout et d’Al-Mahra pour la reprise rapide et réussie des camps militaires, estimant que cette opération a dépassé les attentes et renforcé la sécurité et la stabilité.


Il a salué la conduite des autorités locales, qu’il a qualifiée de
"responsable et avisée"
, et souligné que ces développements témoignent du ralliement des communautés locales à l’État et à ses institutions, ouvrant la voie à
"une nouvelle phase de coexistence, de reprise des services et d’amélioration des conditions de vie".

Al-Alimi a enfin rendu hommage au rôle "décisif" de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qu’il a créditée d’avoir sécurisé la reprise des sites militaires, limité l’escalade et protégé les civils.


A lire également:





#Yemen
#guerre
#CTS
#Arabie Saoudite