Décines: Fermeture d’une école arabe liée à une mosquée

La rédaction
16:3615/01/2026, jeudi
Yeni Şafak
La mosquée de Décines, dans l'agglomération lyonnaise. L'école de langue arabe rattaché à la mosquée de Décines a été la cible de la préfecture du Rhône.
Crédit Photo : X / X
La mosquée de Décines, dans l'agglomération lyonnaise. L'école de langue arabe rattaché à la mosquée de Décines a été la cible de la préfecture du Rhône.

La préfecture du Rhône a ordonné la fermeture d’une école de langue arabe rattachée à la mosquée de Décines, invoquant des manquements administratifs. Sans avertissement préalable, cette décision prive 572 enfants de leur enseignement. L’affaire relance les accusations d’acharnement de l’État français contre les structures éducatives musulmanes, dans un contexte marqué par des précédents comme la fermeture de l’établissement Al Kindi. Les familles dénoncent une approche punitive et l’absence de cadre juridique clair.

La
préfecture du Rhône
a ordonné la
fermeture administrative d’une école de langue arabe
rattachée à la mosquée de Décines, dans la métropole de Lyon.
Un arrêté préfectoral, signé le 30 décembre 2025, impose la cessation immédiate des activités de l’association
"La Réussite"
, qui dispensait des cours de langue arabe, une initiation au Coran et un enseignement de culture islamique au sein du
Centre interculturel de Décines
, où se situe également la
mosquée Ar-Rahman
.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de
pression croissante exercée par l’État français sur les structures éducatives musulmanes
, régulièrement visées par des contrôles administratifs aboutissant à des fermetures brutales.

Des contrôles administratifs invoqués pour justifier la fermeture


Selon la préfecture, la décision fait suite à deux contrôles menés en septembre et décembre 2025 par les agents du Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports.


Les services de l’État estiment de manière fallacieuse que les activités de l’association relèvent d’un Accueil collectif de mineurs, soumis à une obligation de déclaration préalable.


L’arrêté évoque plusieurs manquements, notamment l’absence de déclaration administrative, de projet éducatif formalisé et de justificatifs relatifs à l’honorabilité des intervenants.


Ces éléments sont présentés comme suffisants pour ordonner la fermeture immédiate de la structure.


Toutefois,
aucune mise en demeure ni délai de régularisation
n’a été accordé aux responsables, une pratique pourtant courante dans d’autres secteurs associatifs.

Une fermeture brutale dénoncée par les familles


La décision a provoqué une vive incompréhension parmi les parents et les intervenants.


La structure accueillait près de
572 enfants
, privés du jour au lendemain d’un enseignement linguistique et culturel sans solution alternative proposée par les pouvoirs publics.

Pour de nombreuses familles, cette fermeture illustre un
traitement différencié des structures musulmanes
, soumises à une interprétation rigide et variable des règles administratives.

Les parents dénoncent une approche punitive plutôt qu’accompagnante de la part de l’administration.


Un acharnement de l’État contre l’enseignement musulman


Cette affaire s’ajoute à une longue série de fermetures visant des structures éducatives liées à l’islam.


Depuis plusieurs années, les écoles, instituts et associations musulmanes sont particulièrement ciblés par les autorités, souvent sous couvert de manquements administratifs.


Le précédent de l’établissement
Al Kindi
, fermé après une succession de contrôles et de décisions préfectorales contestées, reste dans toutes les mémoires.

Là aussi, les responsables dénonçaient un acharnement institutionnel et une volonté politique de démanteler des espaces d’enseignement musulman indépendants.


Ces fermetures successives nourrissent un sentiment d’insécurité juridique durable au sein des communautés concernées.


Pour les familles, la conséquence est directe: la disparition progressive d’un enseignement linguistique et religieux pourtant légal, non clandestin et assumé publiquement.


Faute de cadre national harmonisé, ces structures restent vulnérables à des décisions préfectorales unilatérales.


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