Thaïlande: la Première ministre destituée en raison d'un appel téléphonique divulgué

16:5829/08/2025, Cuma
AFP
La Première ministre thaïlandaise destituée, Paetongtarn Shinawatra (au centre), salue ses partisans à son arrivée au siège du parti Pheu Thai après sa destitution par la Cour constitutionnelle à Bangkok, le 29 août 2025.
Crédit Photo : Chanakarn Laosarakham / AFP
La Première ministre thaïlandaise destituée, Paetongtarn Shinawatra (au centre), salue ses partisans à son arrivée au siège du parti Pheu Thai après sa destitution par la Cour constitutionnelle à Bangkok, le 29 août 2025.

La Cour constitutionnelle thaïlandaise a destitué vendredi la Première ministre Paetongtarn Shinawatra et son cabinet pour leur gestion des tensions avec le Cambodge.

Fille de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, Paetongtarn avait été suspendue de ses fonctions en juillet après avoir été accusée de ne pas avoir défendu la Thaïlande lors d’un appel téléphonique en juin avec l’ex-dirigeant cambodgien Hun Sen, divulgué en ligne.


Les neuf juges ont estimé qu’elle n’avait pas respecté les normes éthiques exigées d’un Premier ministre. La dirigeante de 39 ans s’est défendue, affirmant avoir agi dans
"l’intérêt du pays, non pas pour mon profit personnel, mais pour la vie des gens, y compris les civils et les soldats"
.

Il y a une semaine, son père, Thaksin Shinawatra, avait été acquitté dans un procès pour crime de lèse-majesté. L’ancien Premier ministre, 76 ans, risquait jusqu’à 15 ans de prison.

Paetongtarn Shinawatra devient la troisième membre de sa famille à quitter le pouvoir après son père et sa tante Yingluck, tous deux renversés par des coups d’État militaires. La Cour constitutionnelle avait déjà destitué son prédécesseur, Srettha Thavisin, un an plus tôt.


Avant le verdict, sa proche alliée Jiraporn Sindhuprai avait indiqué qu’elle était dans
"un bon état d’esprit"
.

Une crise politique et des tensions régionales


L’appel controversé avec Hun Sen avait eu lieu en juin, alors que Bangkok et Phnom Penh s’affrontaient depuis la mort d’un soldat cambodgien fin mai dans une zone frontalière disputée. Les conservateurs du Bhumjaithai avaient alors quitté la coalition menée par son parti, le Pheu Thai, l’accusant d’un ton trop conciliant face à Hun Sen et d’avoir assimilé un général thaïlandais à un opposant.

La crise a dégénéré en affrontements armés: cinq jours de combats en juillet ont fait 40 morts et poussé plus de 300.000 personnes à fuir.


Paetongtarn Shinawatra a témoigné le 21 août, jour de son 39e anniversaire. Depuis deux décennies, la vie politique thaïlandaise reste dominée par l’affrontement entre le clan Shinawatra et l’élite conservatrice, qui le considère comme une menace pour l’ordre social traditionnel.


Sa destitution ouvre une période d’incertitude: aucun candidat naturel ne semble en mesure de reprendre le poste de Premier ministre. Le Pheu Thai gouverne avec une coalition fragile, tandis que la Constitution limite les candidatures à ceux officiellement présentés en 2023.

Sur neuf prétendants en lice lors des dernières élections, quatre sont déjà inéligibles et les cinq restants rencontrent divers obstacles. Si de nouvelles élections apparaissent comme une issue possible, la décision dépendra de l’actuel Premier ministre par intérim, Phumtham Wechayachai, ou du Parlement.


À lire également:




#Thaïlande
#politique
#justice
#procès
#gouvernement
#destitution
#Paetongtarn Shinawatra
#Hun Sen
#Thaksin Shinawatra
#Srettha Thavisin
#Phumtham Wechayachai
#Première ministre
#Cour constitutionnelle
#Cambodge
#coalition Pheu Thai
#Bhumjaithai
#crise politique
#affrontements frontaliers
#élections Thaïlande