Thaïlande: loi martiale imposée dans une ville frontalière, des Cambodgiens accusés "d’incitation aux troubles"

14:3229/08/2025, Cuma
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L’armée thaïlandaise a instauré la loi martiale à Ban Nong Chan, près de la frontière avec le Cambodge, en invoquant des intrusions illégales et des troubles à l’ordre public.
Crédit Photo : X /
L’armée thaïlandaise a instauré la loi martiale à Ban Nong Chan, près de la frontière avec le Cambodge, en invoquant des intrusions illégales et des troubles à l’ordre public.

L’armée thaïlandaise a annoncé vendredi avoir imposé la loi martiale dans la ville de Ban Nong Chan, située dans la province de Sa Kaeo, à la frontière avec le Cambodge.

La décision a été justifiée par l’entrée illégale de citoyens cambodgiens accusés
"d’incitation aux troubles"
dans la région.

Dans un communiqué, l’armée a indiqué que la Burapha Task Force, unité de la Première zone de l’armée thaïlandaise chargée de la sécurité frontalière, a pris des mesures visant à «maintenir la paix et l’ordre» avec des protocoles d’application stricts à Khok Sung, district frontalier de Sa Kaeo.

"Cette décision fait suite à des incidents impliquant des citoyens cambodgiens traversant illégalement le territoire thaïlandais et provoquant des troubles, constituant une menace pour la sécurité nationale et la sûreté des habitants"
, a précisé l’armée.

Restrictions sévères


La loi martiale interdit désormais la possession d’armes ou d’objets assimilés, le blocage de routes, la photographie non autorisée de bases militaires et l’utilisation de matériel sonore sans autorisation préalable. L’armée a également proscrit les disputes, la consommation d’alcool et l’usage de substances intoxicantes dans la zone concernée.

Les autorités thaïlandaises ont averti les citoyens cambodgiens des sanctions encourues : poursuites judiciaires pour entrée illégale, dégradations de biens publics ou atteinte à la souveraineté thaïlandaise. Ces infractions peuvent entraîner des peines allant de la réclusion à perpétuité jusqu’à la peine de mort.


Contexte tendu à la frontière


Cette décision intervient après des protestations de Cambodgiens près de la frontière de Sa Kaeo contre l’installation de barbelés. L’armée thaïlandaise a rappelé que toute tentative de démantèlement de ces installations pourrait être punie de cinq ans de prison.


Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge sont récurrentes, notamment autour de la province cambodgienne de Preah Vihear et de celle d’Ubon Ratchathani côté thaïlandais. Le 28 mai dernier, un soldat cambodgien a été tué et des affrontements en juillet avaient fait plusieurs dizaines de victimes, y compris parmi les civils.

Les deux pays avaient néanmoins conclu un cessez-le-feu, toujours en vigueur. Le 7 août, ils ont signé un accord en 13 points, incluant la présence d’observateurs de l’ASEAN pour surveiller la trêve le long de la frontière disputée.


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